They’re a weird mob de Nino Culotta

They’re a Weird Mob de Nino Culotta, Text Publishing 2012

John O’Grady dit ‘Nino Culotta’ écrit They’re a weird mob (que l’on peut traduire par Quel drôle de peuple) en 1957. O’ Grady s’est fait passer pour un immigré italien pour écrire ce livre. Il nous parle avec beaucoup d’humour des australiens. Nino Culotta, le héro, est un personnage naïf est très attachant. Je vous livre plus bas quelques extraits.

Un peu de contexte : Pendant la ruée vers l’or (deuxième moitié du 19e siècle), de nombreux européens ont immigré en Australie à la recherche d’une vie meilleure. Quelques milliers d’italiens ont immigrés en Australie à cette période. Les italiens sont ensuite venus en masse après la seconde guerre mondiale. Entre 1950 et 1970 (période à laquelle se déroule l’histoire racontée par Nino), plus de 350000 italiens se sont installés sur le sol australien. Aujourd’hui, on estime que l’Italie est la patrie d’origine de plus de 800 000 australiens (nés en Australie, mais dont les ancêtres étaient italiens).

L’histoire : Nino Culotta, journaliste du nord de l’Italie, est envoyé en Australie par son éditeur pour étudier et partager ses expériences sur le pays avec les lecteurs italiens.

Un jour mon chef m’a dit, ‘Nino, nous allons t’envoyer en Australie’. Naturellement, j’ai demandé pourquoi, et il a dit, ‘ Il y a beaucoup d’italiens en Australie, et nos lecteurs voudraient savoir comment ils s’en sortent. Il y a également beaucoup d’italiens qui veulent aller en Australie,  et ils voudraient en savoir un peu plus, mais surtout sur les australiens. Je sais, dit-il, que les australiens parlent anglais. Tu parles anglais, donc tu iras, tu poseras des questions, et tu nous diras comment sont vraiment ces australiens’.

Voila ses premières impressions sur la langue anglaise différente de celle qu’il a apprise dans les manuels.

La plupart des australiens parlent anglais comme je parle hindi, que je ne parle pas. En général, ils utilisent des mots anglais mais d’une façon que personne ne comprend.  Et ils n’utilisent pas les même sons pour les voyelles, donc même s’ils construisent une phrase normale, on n’y comprend rien.

Je ne peux pas traduire l’extrait suivant sans perdre toute l’absurdité de la conversation. Mais pour ceux qui connaissent l’anglais, ça en dit long. Une conversation entre trois des amis de Nino.

– Good-o. We’ll wash up an’ scrape off the whiskers an’ knock over a few more bottles before we go, eh? Best part of a dozen still left. Decent feed, Nino. Yer c’d get a job as a shearer’s cook any time.
– They’d all go on strike, Pat said
– I hate sheep, Dennis said. Stupid bastards.
-You was a jackeroo once, wasn’t you, Den?
– Yeah. Walgett. Nothing’s worse.
– Worse than layin bricks?Yeah
– Must a bin crook, then.
– Sheep! Worse than bloody turkeys.
– Seen a mob o’ turkey tryin’ ter’ get out through a nail hole in a tin shed once. Killed ‘emselves. Pat said
– Yeah, said Dennis, ‘a hawk c’n come an’ pinch all their young uns, an’ they take no notice. Bit ‘o paper blows along the ground an’ they get the tom tits an’ fly into a fence an’ knock ‘emselves cold. They have turkeys in Italy, Nino?
– Yes, Dennis
– Y’ain’t saying much. Wot’s the matter, mate? Tired?
– No, I’m not tired.
– Keepin awful quiet.
– I am sure the conversation is very interesting, but unfortunately I cannot understand it.

 

Ces dialogues sont assez datés, et ne représentent pas vraiment la façon dont les australiens parlent aujourd’hui. Ce dialecte était répandu au milieu du 20e siècle parmi la classe ouvrière. Aujourd’hui, les australiens des grandes villes sont très compréhensibles, même s’il m’arrive souvent de les faire répéter.

Voilà un autre passage amusant lors de la première baignade de Nino à Bondy Beach, la célèbre plage de Sydney.

Il y avait beaucoup de gens dans l’eau, mais ils étaient tous regroupés au même endroit. Ça, j’ai pensé, c’est sans doute à cause des requins. Je n’aime pas nager dans des endroits où il n’y a personne, un requin n’aurait aucun mal à me renifler. Mais un jeune homme m’avait dit qu’il n’y avait rien à craindre. J’étais donc déterminé à montrer à ces australiens que les italiens du nord n’ont pas peur des requins. […] Quand j’ai eu de l’eau jusqu’à la taille, j’ai entendu un sifflet venant de la plage. […] C’était eux qu’on appelait Sauveteurs. C’étaient de très courageux jeunes gens.  Sans aucun doute, ils devaient saluer mon courage. À ce moment, j’eu l’impression que tout l’océan pacifique se déversait sur moi. J’étais assommé, et je me retrouvais au fond de l’océan, le visage dans le sable. […] le sauveteur m’atteignit, il semblait en colère.

– Qu’est-ce que vous foutez ?!?
– Je nage, c’est très agréable.
– Allez nager entre les drapeaux
– Je n’ai pas vu de drapeaux
– Allez là-bas avec la foule
– Je n’aime pas les foules
– Ah ! Les nouveaux australiens. Je les connais. Vous êtes en plein courant là. Vous voulez finir en   Nouvelle-Zélande ?
– C’est un joli endroit, cette Nouvelle-Zélande ?
– Vous prenez le bon chemin pour le découvrir. Maintenant retournez là-bas avec les autres.
– J’aime nager ici, je n’ai pas peur des requins.

Je prends beaucoup de plaisir à lire ce livre, qui me rappelle mes très récents débuts en Australie. C’est un texte léger, facile à lire (sauf les passages entre les amis de Nino qui restent incompréhensibles même avec un bon dictionnaire) qui parlera à tous les voyageurs qui ont un jour posé le pied en Australie.

Je vous encourage à lire ce petit livre !

Parution en France: je n’ai pas trouvé, mais n’hésitez pas à me faire parvenir les détails

4 commentaires sur « They’re a weird mob de Nino Culotta »

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