My brilliant career / Ma brillante carrière de Miles Franklin

My Briliant career de Stella Miles Franklin (1ère édition 1901), Editions Text Classics 2012
My brillant carrière traduit par Nelly Lhermillier, Editions de L’aube poche 2012

Si vous cherchez un livre qui vous transportera au cœur de l’Australie de la fin du 19e siècle (publié en 1899), dans un environnement hostile et fascinant, je vous conseille vivement Ma brillant carrière de Miles Franklin.

Sybylla Melvyn a tout juste 16 ans quand elle commence son journal. Elle nous prévient des le début que « cette histoire est uniquement à propos de moi, je ne l’écris dans aucun autre but. Je ne m’excuse pas d’être narcissique. » Cette ouverture nous indique très clairement le caractère bien trempée de notre héroïne. Sybylla se trouve maudite. Maudite de devoir vivre dans une ferme laitière où elle doit s’épuiser aux travaux de la ferme quand ce qu’elle désire le plus c’est de lire, de jouer de la musique et de vivre en bonne compagnie.

« Lasse ! Lasse !
Voilà ma vie – ma vie – ma carrière, ma brillante carrière ! J’avais 15 ans, 15 ans ! Dans quelques brèves heures je serai aussi vieille que tous ceux la. Je les regarde debout là-bas, las, rejetant les plaisirs de la vie. Quand ils étaient jeunes, ils avaient sans aucun doute espéré, et rêvé des choses meilleures – ils y avaient peut-être même gouté.  Mais les voilà. Ça a été leur vie ; c’était leur carrière. C’était, et selon toute probabilité, serait la mienne aussi. Ma vie – ma carrière – ma brillante carrière. »

Son père n’a vraiment pas le sens des affaires, et après avoir dépensé le peu de fortune qu’il avait amassé, il se tourne vers la boisson. La sècheresse qui s’est abattue sur Possum Gully tue leurs quelques vaches petit à petit… Son avenir est des plus précaire. Heureusement, un jour, sa mère reçoit une lettre de sa grand-mère et invite Sybylla à venir s’y installer. D’abord déstabilisée à l’idée de partir seule loin de sa famille, Sybylla se prend vite au jeu, et profite pleinement des livres, du piano, des discussions d’adultes qu’on lui propose là bas. Elle rencontre des jeunes gens qui lui font la cour et s’éprend profondément de l’un d’entre eux.

Après les mois de bonheur et d’oisiveté, la réalité la rattrape et afin de rembourser les dettes de son père, on l’oblige à devenir gouvernante des enfants M’Swat pour 50£ par semaine.

Miles franklin est une conteuse hors pair et un pionnière du féministe. Vous découvrirez vite que Sybylla n’a pas l’amour et le mariage en haute estime, alors qu’à cette époque les femmes ne se réalisaient que dans la sphère du mariage.

« –    Miss Sybylla, commença-t-il quand nous fumes seuls, je voudrais vous demander pardon. Je n’avais pas le droit de vous   harceler, mais j’ai fait tout ça parce que je vous aimais. Un gars devient jaloux à la moindre petite chose, vous savez.
–        Ne m’ennuyez pas avec ces âneries, lui dis-je me détournant de dégout
–        Mais, Miss Sybylla, qu’est ce que je dois en faire ?
–        Faire avec quoi ?
–        Mon amour
–        Amour ! lui ai-je lancé dédaigneusement. Ça n’existe pas.
–        Mais si ça existe et je l’ai trouvé.
–        Eh bien vous vous le gardez – voilà mon conseil. Ce sera un trésor. Si vous l’envoyez à mon père, il le mettra en bouteille et l’exposera au musée de Goulburn. Il y a déjà envoyé beaucoup de choses.
–        Ne vous amusez pas d’un pauvre fou. Vous savez que je ne peux pas le faire.
–        Fourrez-le dans un sac alors ; avec une grosse pierre pour le faire couler, et balancez-le dans la rivière. »

La suite de ce livre, My career goes bang fut écrit quelques années après Ma brillant carrière, mais ne fut publié qu’en 1948 car il était jugé trop en avance (et provocateur) pour l’époque).

Passé les 30 premières pages qui sont un peu ardues à comprendre sans l’aide d’un bon dictionnaire (pour la lecture en anglais), la lecture est plaisante. Quand s’amorce son histoire d’amour, on retrouve ses 16 ans et on vit au rythme des joies et des désillusions de Sybylla. Je me suis attachée à Sybylla, et je voulais parfois la secouer un peu et lui dire qu’il ne faut pas prendre la vie si sérieusement !

3 commentaires sur « My brilliant career / Ma brillante carrière de Miles Franklin »

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