Ce qu’il advint du sauvage blanc de Francois Garde

Ce qu'il advint du sauvage bBlanc - François Garde GALLIMARDCe qu’il advint du sauvage blanc de François Garde est un formidable roman d’aventure qui relate l’histoire incroyable d’un matelot oublié pendant 17 ans sur la côte australienne.

Bien qu’écrit par un auteur français (vous l’aurez compris grâce à  son nom), j’ai décidé de m’y plonger car son thème est étroitement lié à l’Australie.

1843 – Narcisse Pelletier, un jeune mousse de 18 ans embarque sur la goélette le Saint Paul pour parcourir les océans. Lors d’une expédition à terre pour trouver de l’eau, et victime de l’impatience du capitaine, il se retrouve abandonné sur une plage de la côte nord-est de l’Australie. Pendant plusieurs jours il guette le retour du navire, inventant tous les scénarios possibles et imaginables pour expliquer le départ précipité de l’équipage. Après quatre jours, soufrant de la faim et de déshydratation il est résolu à mourir lorsqu’une vieille « un visage noir, ridé, penché sur lui. Des cheveux crépus grisonnants, des traces de terre rouge sur les pommettes et l’arête du nez. Un regard insistant, pas l’ombre d’un sourire. Pas un mot. Une femme, une femme âgée […]. Oui, une femme entièrement nue, noire comme du charbon, la peau striée comme du cuir de buffle, les seins flasques et tombant » lui donne à boire et le sauve. Narcisse ne le sait pas encore, mais il va passer les 17 prochaines années de sa vie avec  « la vieille » et sa tribu aborigène qui vient de le sauver. Il devra apprendre leurs coutumes et respecter leurs lois. Il apprendra aussi à pêcher et à tuer les animaux pour se nourrir, à prendre le temps d’observer la nature et fabriquer ses propres outils.

Le livre s’entrecoupe de deux récits à plus de 18 ans d’intervalle. D’un côté l’histoire de Narcisse racontant ses débuts difficiles parmi la communauté indigène, et de l’autre les lettres à la Société de Géographie d’Octave de Vallombrun,  le voyageur passionné qui prend en charge ce « sauvage blanc » dès  son retour à la civilisation 18 ans plus tard. Après toutes ces années parmi les aborigènes Narcisse a tout oublié, de sa langue maternelle aux concepts de base tels que l’argent ou la religion. Malgré les nombreuses tentatives d’Octave pour le faire parler de sa vie chez les sauvages,  Narcisse restera muet  « Parler, c’est comme mourir » déclare-t-il, entretenant ainsi un mystère qui fascinera Octave jusqu’à sa mort.

Ce qu’il advint du sauvage blanc est tiré d’une histoire vraie qui arriva bel et bien au matelot Narcisse Pelletier au milieu du XIXe siècle. Le style élégant de l’auteur rappelle les romans de Dumas ou Defoe, sans pour autant les copier et en ne commettant aucune fausse note. Le rythme de l’écriture  et le réalisme avec lequel l’auteur décrit le peuple aborigène et leur mode de vie rend ce voyage dans le temps véritablement passionnant !
Voir les critiques quasi unanimes de la presse et d’autres blogs ou .

François Garde est ancien secrétaire général du gouvernement de Nouvelle-Calédonie. Ce qu’il advint du sauvage blanc est son premier roman ; il a reçu le Prix Goncourt du premier roman 2012.

L’ouvrage est disponible en version française sur Le Forum ou en ebook. Gallimard n’a malheureusement pas encore vendu les droits pour la traduction Australienne. Pour les curieux, retrouvez le compte rendu datant de 1880 du Bulletin de la société d’anthropologie de paris .

326 pages, 21,50 euros, Gallimard (janvier 2012)

Pour lire un avis plus contrasté après avoir fait mes petites recherches, suivez le lien. Des révélations fracassantes vous attendent !

3 commentaires sur « Ce qu’il advint du sauvage blanc de Francois Garde »

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