Censurés en Australie, les livres ont enfin parlé !

A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 6 octobre se tient aux Etats-Unis une semaine un peu particulière, la semaine des livres interdits (Banned Books Week). Depuis 1982, cette manifestation culturelle célèbre la liberté de tout lire. Elle fut mise en place à la suite d’un nombre grandissant de livres proscrits dans les écoles, les bibliothèques et les librairies. Parmi les titres les plus récemment censurés (et aberrants), on trouve la trilogie The Hunger Games en raison de son manque d’éthique, de son langage coloré, de l’évocation du satanisme et de sa violence, mais aussi le livre-série Gossip Girl pour les raisons suivantes : drogue, langage vulgaire, et références explicites au sexe.

En Australie, il n’existe pas une telle initiative mais en fouillant un peu, j’ai découvert que jusqu’à assez récemment (les années 70), de nombreux livres étrangers étaient interdits de diffusion en Australie. C’est ce que raconte Nicole Moore dans son livre The Censor’s Library paru en février 2012 chez  University Queensland Press.

En faisant des recherches pour sa thèse à la bibliothèque de Sydney, Nicole Moore a découverte 793 cartons de livres intactes, ranger méthodiquement. Ces ouvrages oubliés depuis longtemps étaient en fait la totalité des livres interdits en Australie. Ils furent collectés entre 1920 et 1980, et représentent la plus grande collection de livres censurés dans le monde anglo-saxon.

Les raisons de la censure sont diverses, mais selon l’auteur  « plus de 90% des livres étaient interdits pour leur obscénité, et les 10% restant pour sédition ou blasphème ». Elle décrit aussi des méthodes assez étonnantes pour la sélection de ces livres, « les douaniers fouillaient les sacs des voyageurs et les cartons de livres envoyés aux librairies. […] il n’y avait pas de règle claires et il n’y avait pas de classification comme aujourd’hui qui permet d’expliquer ce qui est offensant. Ils avaient le pouvoir d’interdire quelques choses immédiatement s’ils pensaient que ça n’avait pas de valeur littéraire, artistique ou universitaire ». Ces livres étaient ensuite envoyés à un jury d’experts (ils devaient bien s’amuser eux !).

Parmi les livres interdits jusqu’en 1973 (date à laquelle le gouvernement Whitlam réduisit à zéro le nombre de livres censurés), on pouvait trouver Lolita de Nobokov, L’amant de lady Chatterley de D. H. Lawrence, Un garçon près de la rivière de Gore Vidal, ou encore Ulysse de Joyce.

Un petit nombre de livres interdits à l’importation étaient écrits par des auteurs australiens mais publiés aux Etats-Unis ou en Angleterre :

Norman Lindsay Redheap
Jean Devanny The Butcher shop et The virtuous courtesan
J. M. Harcourt Upsurge
Frank Walford Twisted Clay
Christina Stead Letty Fox, her luck
E. L. Grant Watson The Partner

 

2 commentaires sur « Censurés en Australie, les livres ont enfin parlé ! »

  1. Je ne crois pas qu’on ait encore des livres censurés ici. Il n’y a pas de contrôle dans les librairies ou les bibliothèques. Je me demande ce qui se passerait si un gamin de 12 ans essayait d’emprunter Justine ou les malheurs de la vertu… Est-ce que le bibliothécaire l’arrêterait?

    Ceci dit, c’est comme ça que j’ai lu Portnoy’s Complaint de Philip Roth. Lisa a écrit un article dessus et indiqué qu’il avait été censuré en Australie. Rien de tel pour aiguiser ma curiosité!!
    (c’est une livre très drôle, d’ailleurs)

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