Wake in fright / Cinq matins de trop de Kenneth Cook

Wake in Fright de Kenneth Cook (1ère édition 1961), Text Publishing 2012
Cinq matins de trop traduit par Mireille Vignol, Éditions Autrement 1993 ; Livre de poche 2010

Cinq matins de trop de Kenneth Cook publié en 1961 rencontra un grand succès et est devenu un des classiques du roman noir australien. En 1971, le film Outback fut tiré de ce roman, il est aujourd’hui de nouveau disponible à la vente.

L’introduction de la nouvelle édition de Text Classics écrite par Peter Temple (auteurs à succès de polars australiens) nous en dit un peu plus sur l’auteur. Cook est né et fit ses études à Sydney, mais passa un certain temps à Broken Hill en tant que journaliste, une ville perdue au milieu de nulle part dont il s’est inspiré dans Wake in Fright.

« L’expérience de Cook de Sydney et de la vie rurale ont imprimé en lui une vision de deux Australies (et deux genres d’Australiens, presque deux espèces). L’une représentée par John Grant issu de la classe moyenne qui est employé de bureau : citadin, éduqué, sophistiqué. L’autre est celle du centre, le monde des ouvriers grossiers, abrutis par la chaleur, buvant de la bière à longueur de journée. Elle est représentée par les villes merdiques de Tiboonda et de Bundanyabba, toutes les deux perdues au milieu de nulle part. « Quelque part, pas très loin dans le brouillard se trouvait la frontière de l’état, indiqué par une clôture cassée… plus loin encore dans la chaleur se trouvait le centre silencieux de l’Australie, le cœur mort ».»

L’histoire : John Grant est professeur des écoles dans la petite ville de Tiboonda, une ville située à plus de 1200 km de Sydney, à la frontière de la Nouvelle-Galles-du-Sud et de l’Australie-Méridionale. À la fin de l’année scolaire, il prévoit de repartir à Sydney pour six semaines de repos. L’aéroport le plus proche est à Bundanyabba (Yabba) où il doit passer la nuit. Au pub il rencontre le sergent Crawford, un policier peu regardant sur les pratiques illégales des établissements de la ville et accepter de boire une bière avec lui, puis deux… et fini quelques heures plus tard dans les rues de Bundanyabba complètement saoul. Crawford l’emmène ensuite dans un autre bar où se pratiquent des jeux d’argent.  Pour Grant, c’est le début des ennuis.

Après avoir gagné plus de £200 en n’en misant que 20, il tente le tout pour le tout et perd l’intégralité de ses gains plus tout son salaire en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Sans un sou en poche, il commence à errer dans cette ville complètement hébété par l’alcool et le choque. Les jours suivants sont faits de tous les excès: alcool, sexe, violence.

Kenneth Cook est un génie pour décrire la vie dans le bush, dans la poussière, sous un soleil de plomb. Les litres de bière que Grant et ses camarades boivent sont hallucinants, mais sans doute pas extraordinaire compte tenu des standards locaux. On assiste malgré nous à la descente aux enfers de Grant, amusés parfois par l’absurdité des situations dans lesquelles il se fourre. Le cauchemar de Grant est addictif, tout comme l’est l’écriture de Cook.

J’ai adoré ce livre qui m’a permis de vivre une véritable virée au plus profond du pays des kangourous.

Regarder des extraits du film de Ted Kotcheff.

6 commentaires sur « Wake in fright / Cinq matins de trop de Kenneth Cook »

  1. Kenneth Cook a également écrit des nouvelles sur le bush australien, publiés seulement en français, à ma connaissance (trop touristique pour les aussies). Le koala tueur, la vengeance du wombat et je ne sais plus comment s’appelle le troisième. C’est très rigolo.🙂

    1. C’est vrai, merci Charlotte pour cette précision. J’ai lu Le Koala tueur, et bien que divertissant je ne le trouve pas a la hauteur de Wake in fright. Je te conseille vivement de lire ce livre la, il donne vraiment le gout de l’Australie et du bush!

      1. Oui je l’ai déjà lu. Très bien en effet, le film aussi est une merveille selon moi. S’il a eu un grand succès à sa sortie, il me semble que c’est surtout parce que les Australiens ont été très choqués par ce portrait noir de l’Outback. Surtout que les citadins du pays préfèrent voyager à l’étranger plutôt que d’aller rendre visite à ces petites villes au milieu de nulle part… Trop dodgy😉

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