Le Stella Prize – Prix littéraire féminin

La sélection de la toute première édition du Stella Prize (dont le nom est inspiré par l’auteur Stella Miles Franklin) viennent d’être annoncée. Ce prix est le premier du genre en Australie car il est réservé aux auteures féminines uniquement et le jury est composé entièrement de femmes. La gagnante se verra attribuer 50,000$ le 16 avril prochain.

Les titres suivants ont été retenu :

The Burial de Courtney Collins

Questions of Travel de Michelle de Kretser

The Sunlit Zone de Lisa Jacobson

Like a House on Fire de Cate Kennedy

Sea Hearts de Margo Lanagan

Mateship with Birds de Carrie Tiffany


Autant dire que j’ai du boulot sur la planche…

Pour plus d’information sur le Stella Prize, visitez leur site internet.

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Juger un livre à sa couverture…

Au printemps prochain, nous découvrirons le ou la gagnant(e) de la Plus Belle Couverture de Livre publié en 2011 et 2012 en Australie et Nouvelle-Zélande. En VO ça donne le prix pour The Most Beautiful Books— Australia & New Zealand. Proposé par Monash Art design & Architecture, State Library of Victoria et Klim Type Foundry, les couvertures seront jugées par un jury de 5 personnalités connues dans le milieu du design.

Ce prix a été créé pour « distinguer l’excellence et l’innovation des couvertures de livres contemporains ainsi que le travail de production en Australie et Nouvelle-Zélande ». Les couvertures peuvent être proposées par les graphistes, éditeurs, imprimeurs, libraires ainsi que par nous, chers lecteurs !

Le site qui n’a pour le moment pas grand-chose à offrir, mais il permet néanmoins d’y déposer la candidature de son choix: http://mbbanz.com. Candidature ouverte jusqu’au 1er Mars 2013.

Voici mon choix :

The rest is weight - Jennifer Mills

The Rest Is Weight (University of Queensland Press) de Jennifer Mills. Je suis souvent passée à côté dans les librairies, toujours attiré par sa couleur jaune et ce petit cheval en lévitation, mais comme je n’aime pas trop les nouvelles je n’ai pas craqué… Allez, s’il gagne promis je le lis !

La revue littéraire Meanjin a publié une de ces nouvelles ici.

 

True history of the Kelly Gang / Véritable histoire du Gang Kelly de Peter Carey

True history of the Kelly Gang de Peter Carey, Faber and Faber 2000
Véritable histoire du Gang Kelly, traduit par Élisabeth Peelleart, Plon 2003


Ce roman, publié en 2000, a remporté le prestigieux Booker Price (prix littéraire pour les auteurs de langue anglaise des pays du Commonwealth) en 2001 et le Prix du Meilleur Livre Etranger (PMLE) en France en 2003. Peter Carey est l’un des auteurs australiens les plus connus hors des frontières, ses romans sont « une plongée de plain-pied dans l’odyssée australienne et les liens historiques étroits qui unissent ce continent lointain à l’Europe. Chacun [roman] se veut aussi, de l’aveu de l’écrivain, une pierre nouvelle ajoutée à l’édifice encore très neuf que constitue la littérature australienne. Mais, de façon plus poétique et esthétique, l’essence de l’art de Peter Carey réside dans sa faculté de donner voix à des personnages, de leur laisser la parole afin que s’opère un authentique et formidable processus d’incarnation. » Télérama 2007.

La Véritable histoire du Gang Kelly raconte la jeunesse et la vie d’Edward « Ned » Kelly, le mythique « Robin des Bois » australien, sous forme de lettres à sa fille. L’histoire est racontée à travers la voix de Ned Kelly dans un style parlé et assez pauvre du 19e siècle : un manque de ponctuation, une absence quasi totale de règles grammaticales et les nombreux mots inconnus (un vocabulaire très familier, très australien et datant un peu) rendent la lecture (en tout cas en anglais) du premier chapitre plutôt laborieuse. Mais il serait trop facile de se décourager… Une fois le style apprivoisé, quelle récompense ! Carey n’a aucune pitié pour ses lecteurs au nom de la vérité. Ce style ressemble à celui de la lettre que Ned Kelly avait écrite « the Jerilderie Letter » dans laquelle il justifie ses actions (de hors-la-loi) et dénonce la corruption de la police. L’auteur se glisse dans la peau du personnage avec un talent extraordinaire.

Ned choisit d’écrire à sa fille pour qu’elle ne soit pas, comme il l’a été, manipulée par les autres et afin qu’elle sache la vérité sur son père.

I lost my father when I was 12 yr. of age and know what it is to be raised on lies and silences my dear daughter you are presently too young to understand a word I write but this history is for you and will contain no single lie may I burn in Hell if I speak false.

Le journal s’ouvre sur ses souvenirs d’enfance, une des seules périodes heureuses de sa vie. La famille vit alors à Beveridge dans le Victoria dans la pauvreté et l’ignorance. Lorsque son père meurt, Ned a 12 ans et il doit s’occuper de la propriété d’Eleven Mile Creek. Sa mère rencontre Harry Power, un hors-la-loi qui deviendra par la suite le maître « d’apprentissage » de Ned. Il lui apprend le vol de chevaux, le racket des gens fortunés, allant jusqu’à faire commettre à Ned, 15 ans, un quasi-meurtre. Harry est méchant et violent, et Ned finit par fuir après de nombreuses trahisons.

Mais la vie est faite ainsi, et malgré la bonne volonté de Ned à rester dans le droit chemin, il est incarcéré à l’âge de 17 ans pour une peine de trois mois suite à une mauvaise blague et parce qu’il s’était battu. Quelques jours après sa libération, il est accusé à tort d’avoir volé un cheval et retourne en prison pour trois années supplémentaires.

One morning of 1872 my mother was 42 yr. old she had 2 sons in prison also 1 brother & 1 uncle & 1 brother in law. 2 of her beloved daughters was buried beneath the willow tree and God knows what worse were on the way.

Le fameux Gang Kelly se forme véritablement un peu par hasard au chapitre neuf lors de meurtres de Stringybark Creek. Les destins de Joe Byrne, Steve Hart, Dan & Ned Kelly sont liés à jamais après cette aventure.

La Véritable histoire du Gang Kelly est un livre prenant qui présente parfois des longueurs, mais il offre un aperçu de l’Australie du 19e siècle, de ses paysages sauvages et de toutes les injustices subites par les immigrés pauvres — ici irlandais. Ned Kelly est aujourd’hui une icône nationale (un prix littéraire pour les romans policiers porte son nom) à qui Peter Carey donne une seconde vie.

Peter Carey est notamment l’auteur d’Oscar et Lucinda (1988) qui a également été couronné par le Booker Prize, la plupart de ses romans ont été traduits en français.

Ned Kelly - Sidney Nolan
Ned Kelly, Sidney Nolan 1946

 

 

Petit résumé de cette année 2012

Tous les ans à l’occasion de la Foire aux livres de Frankfort, Bookseller & Publisher et Thorpe-Bowker publient un guide sur le monde de l’édition en Australie.

Voici un (tout) petit résumé de ce qui valait le coup d’être lu en 2012

Meilleures ventes – Romans
134,000 ex. Scarecrow and the Army of Thieves de Matthew Reilly
104,000 ex. The opal desert de Di Morrissey
66,000 ex. Lola’s secret de Monica Inerney / The Slap (La gifle) de Christos Tsiolkas
64,000 ex. All that I am de Anna Funder
55,000 ex. Tiger Men de Judd Nunn

Les trois plus primés
All that I am de Anna Funder
Miles Franklin literary awards
Australian Book Industry Awards – Livre de l’année & meilleur roman
Indie – Livre de l’année & meilleur premier roman
Barbara Jefferis Award
Australian Bookseller Association (ABA) Nielsen BookData – Choix des libraires
Western Australian Premier’s – Meilleur roman
Nominé
Victorian Premier’sLiterary Awards for Fiction – Meilleur Roman (Livre récompensé Foal’s bread)
Queensland literary awards – Meilleur Roman (Livre récompensé Foal’s bread)

Foal’s bread de Gillian Mears
Prime Minister’s Literary awards – Meilleur Roman
The Age – Roman de l’année
Australian Publishers Association (APA) – Best designed Literary Fiction Book
Australian Literary Society Gold Medal
Victorian Premier’s Literary Awards for Fiction – Meilleur Roman
Colin Roderick Award
Nominé
Australian Book Industry Awards – Livre de l’année & meilleur roman (Livre récompensé All that I am)
Indie – Meilleur roman (Livre récompensé The Street Sweeper by Elliot Perlman)
Barbara Jefferis Award (Livre récompensé All that I am)
Miles Franklin literary awards (Livre récompensé All that I am)
Nita B. Kibble Literary Awards (Livre recompensé Five Bells by Gail Jones)
Western Australian Premier’s – Meilleur roman (Livre récompensé All that I am)

Sarah Thornhill de Kate Grenville
Australian Book Industry Awards – Roman de l’année grand public
Nominé
Prime Minister’s Literary awards – Meilleur Roman (Livre récompensé Foal’s bread)
Independent booksellers Week Book Awards (UK) – Meilleur Roman (Livre récompensé Why Be Happy When You Could Be Normal? de Jeanette Winterson)
Queensland literary awards – Meilleur Roman (Livre récompensé Foal’s bread)

Melbourne récompense Alex Miller

Le Melbourne Prize for Literature récompense tous les trois ans un auteur du Victoria pour l’ensemble de son œuvre dont la contribution littéraire met à l’honneur la littérature australienne, ainsi que la vie culturelle et intellectuelle. Cette année c’est Alex Miller qui a reçu cette distinction, il est l’auteur de 10 livres dont Lovesong (traduit par aux éditions Phébus), Journey to the stone country, Condition of faith, The ancestor game et son dernier roman bientot traduit en français par les éditions Phébus Autumn Laing.

Le prix du meilleur roman a été décerné à Craig Sherborne pour son roman The Amateur Science of Love (Text Publishing, 2011).

C’est la troisième édition littéraire de ce prix qui alterne chaque année entre sculptures urbaines, musique et littérature.

En 2006 le prix Melbourne revint à Helen Garner (auteur notamment de La chambre d’amie traduit par Bernard Turle paru aux éditions Philippe Rey) et celui du meilleur roman à Christos Tsiolkas pour Dead Europe.

En 2009 Gerald Murnane remporte le Prix Melbourne ; un seul de ces livres est traduit en français : Les plaines, traduit par Brice Matthieussent disponible aux éditions P.O.L. Nam Le (d’origine vietnamienne mais élevé en Australie) a reçu le prix du meilleur roman pour son livre Le bateau (traduit par Fance Camus-Pichon paru aux éditions Albin Michel, 2010).

Les petits éditeurs ont aussi leur mot à dire

La semaine dernière le Small Press Network (SPUNC) a annoncé le premier gagnant du prix du Livre le plus sous-estimé de l’année, décerné à The cook de Wayne Macauley.

Ce prix mis en place par l’association des petits éditeurs d’Australie est sponsorisé par  Kobo. Il vise à mettre en lumière de très bons livres publiés par les petits éditeurs indépendants en Australie qui n’on pas eu leur place au soleil malgré leur qualité littéraire.

Voici la liste des nominés pour 2012:

  • The Dark Wet de Jess Huon (Giramondo)
  • I Hate Martin Amis et al. de Peter Barry (Transit Lounge)
  • Two Steps Forward de Irma Gold (Affirm Press)
  • The Cook de Wayne Macauley (Text).

Pour ma part, j’avais aimé le livre de Wayne Macauley malgré un style très déroutant.

Vainqueurs des Prix littéraires du Victoria 2012

Mardi 16 octobre, les vainqueurs du Victorian Premier’s Literary Awards 2012 ont été annoncé. Voici la liste complète :

Grand Prix littéraire & meilleur essai
The Biggest Estate on Earth de Bill Gammage
Ce récit met fin au mythe de l’Australie comme nature sauvage avant l’installation des colons, révélant un système complexe de découpage des terres utilisé par les aborigènes à travers le pays.

Prix du meilleur roman
Foal’s beard de Gillian Mears

Prix du meilleur roman pour adolescent
The Shadow Girl de John Larkin

Prix de la meilleure œuvre poétique
Armour de John Kinsella

Prix du meilleur texte dramatique
A Golem Story de Lally Katz

Prix du public
National Interest d’Aiden Fennessy

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N’ayant pas lu Foal’s bread, je ne peux pas vous en dire plus, mais je crois qu’il va falloir que je m’y plonge !