Journey to the Stone Country d’Alex Miller

Allen & Unwin

Un peu de contexte: Le processus de Réconciliation a officiellement commencé en 1991 à la suite d’un rapport de la Royal Commission sur la mort d’aborigènes en détention. La Réconciliation a pour but de développer l’unité et le respect entre les aborigènes, les habitants de l’île de Torres Strait et les australiens non-indigènes, et obtenir une égalité de justice pour tous. Cela implique une meilleure compréhension de l’histoire qui a influencé les relations entre les indigènes et les colons, et l’importance du respect de chaque culture.

A cette même période, des éléments cachés sur les dépossessions et le génocide des peuples indigènes furent révèles grâce à des enquêtes menées à travers le pays. Houda Joubail, auteure de la thèse National Mythology and Colonial Trauma in Alex Miller’s Journey to the Stone Country explique que « ces révélations bouleversantes plongèrent les descendants de colons australiens dans la honte et la culpabilité, et incitèrent de nombreux auteurs contemporains non-aborigènes à écrire sur ces sujets jusqu’alors tabous ». Alex Miller à priori plein de bonnes intentions pour exposer ce chapitre noir de l’histoire australienne fait, dans ce livre, de la réalité du colonialisme et de la souffrance des aborigènes  « une représentation peu convaincante d’un point de vue postcoloniale. En effet à travers l’utilisation d’une série de stratégies représentationnelles et discursives équivoques, l’auteur tend à diminuer l’impact de la violence coloniale ». N’étant en rien experte sur ce sujet, j’ai hâte de pouvoir lire la thèse complète de Houda pour pouvoir mieux comprendre sa vision des choses.

L’histoire : Annabelle est marié avec Stephen Kuen depuis plus de 15 ans. Ils habitent à Melbourne où elle enseigne à l’université. Un jour en rentrant chez eux, elle trouve une lettre de Stephen lui expliquant qu’il part vivre avec une de ses étudiantes. Dévastée par la nouvelle, Annabelle contacte une ancienne amie restée vivre dans sa région natale du Queensland. Celle-ci lui suggère de prendre l’avion sans attendre et de venir passer quelques jours à Townville pour se remettre ses idées en place.

Pour Annabelle, c’est le début d’une nouvelle vie. Elle rencontre Bo Rennie, un gardien de betails aborigène qui travaillait de temps à autre pour son père. Ensemble, ils partent à Burrandah pour y effectuer une enquête culturelle sur un site de construction d’un barrage. Annabelle commence à se plaire en la compagnie de Bo et ne veut plus le quitter. Bo lui suggère de l’accompagner plus loin encore dans cette région inhospitalière qu’est la Ranna Valey. Après une vingtaine d’années d’absence, ils reviennent sur les lieux de leur enfance et les terres sacrées du peuple Jangga.

Ce livre écrit de façon très minutieuse décrit les longs trajets sur les routes poussiéreuses de du Queensland, la monotonie et l’isolement de la vie dans ces endroits reculés. Le personnage principal de l’histoire n’est ni Bo ni Annabelle, mais Granma Rennie. Tout tourne autour d’elle, tout les attire vers elle et vers son passé tragique. Lorsqu’elle était jeune, elle avait épousé un homme blanc et vécu aussi longtemps que possible à Verbana Creek, là où se dirigent Annabelle et Bo.

Honnêtement, je suis assez partagée sur ce livre. D’un côté, je trouve qu’Alex Miller décrit très bien la région du Queensland, les petites villes fermières et les grands espaces. D’un autre, je n’avais qu’une envie c’était de le finir. J’ai trouvé le récit très lent, comme l’est la vie dans le bush. Les descriptions sont excessives dans leurs longueurs et dans leurs nombres. Mais au fond, n’est-ce pas ce que sont en train de vivre Bo et Annabelle en parcourant la route si douloureuse de leur enfance ? Peut-être n’ai-je pas encore apprivoisé le paysage australien pour pouvoir apprécier pleinement sa beauté…

Après avoir refermé le livre, je réalise que Journey to the Stone Country est sans doute le premier vrai roman australien que je lis. Celui qui me parle vraiment du pays et de ses habitants.

Pour en savoir plus sur le processus de Réconciliation, visitez http://reconciliaction.org.au.

Alex Miller est né en Angleterre et a immigré en Australie à l’âge de 16 ans. Il a écrit de nombreux romans se déroulant dans le Queensland, une des régions les plus reculées du pays. Journey to the Stone Country fut publié en 2002, et a remporté le Prix Miles Franklin. Le seul roman d’Alex Miller disponible pour le moment en français est Lovesong (traduit par Pertat), paru aux Editions Phébus. En 2013, Phébus publiera son dernier roman, Autumn Laing.

Allen & Unwin, 2002
364 pages

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Ce qu’il advint du sauvage blanc de Francois Garde

Ce qu'il advint du sauvage bBlanc - François Garde GALLIMARDCe qu’il advint du sauvage blanc de François Garde est un formidable roman d’aventure qui relate l’histoire incroyable d’un matelot oublié pendant 17 ans sur la côte australienne.

Bien qu’écrit par un auteur français (vous l’aurez compris grâce à  son nom), j’ai décidé de m’y plonger car son thème est étroitement lié à l’Australie.

1843 – Narcisse Pelletier, un jeune mousse de 18 ans embarque sur la goélette le Saint Paul pour parcourir les océans. Lors d’une expédition à terre pour trouver de l’eau, et victime de l’impatience du capitaine, il se retrouve abandonné sur une plage de la côte nord-est de l’Australie. Pendant plusieurs jours il guette le retour du navire, inventant tous les scénarios possibles et imaginables pour expliquer le départ précipité de l’équipage. Après quatre jours, soufrant de la faim et de déshydratation il est résolu à mourir lorsqu’une vieille « un visage noir, ridé, penché sur lui. Des cheveux crépus grisonnants, des traces de terre rouge sur les pommettes et l’arête du nez. Un regard insistant, pas l’ombre d’un sourire. Pas un mot. Une femme, une femme âgée […]. Oui, une femme entièrement nue, noire comme du charbon, la peau striée comme du cuir de buffle, les seins flasques et tombant » lui donne à boire et le sauve. Narcisse ne le sait pas encore, mais il va passer les 17 prochaines années de sa vie avec  « la vieille » et sa tribu aborigène qui vient de le sauver. Il devra apprendre leurs coutumes et respecter leurs lois. Il apprendra aussi à pêcher et à tuer les animaux pour se nourrir, à prendre le temps d’observer la nature et fabriquer ses propres outils.

Le livre s’entrecoupe de deux récits à plus de 18 ans d’intervalle. D’un côté l’histoire de Narcisse racontant ses débuts difficiles parmi la communauté indigène, et de l’autre les lettres à la Société de Géographie d’Octave de Vallombrun,  le voyageur passionné qui prend en charge ce « sauvage blanc » dès  son retour à la civilisation 18 ans plus tard. Après toutes ces années parmi les aborigènes Narcisse a tout oublié, de sa langue maternelle aux concepts de base tels que l’argent ou la religion. Malgré les nombreuses tentatives d’Octave pour le faire parler de sa vie chez les sauvages,  Narcisse restera muet  « Parler, c’est comme mourir » déclare-t-il, entretenant ainsi un mystère qui fascinera Octave jusqu’à sa mort.

Ce qu’il advint du sauvage blanc est tiré d’une histoire vraie qui arriva bel et bien au matelot Narcisse Pelletier au milieu du XIXe siècle. Le style élégant de l’auteur rappelle les romans de Dumas ou Defoe, sans pour autant les copier et en ne commettant aucune fausse note. Le rythme de l’écriture  et le réalisme avec lequel l’auteur décrit le peuple aborigène et leur mode de vie rend ce voyage dans le temps véritablement passionnant !
Voir les critiques quasi unanimes de la presse et d’autres blogs ou .

François Garde est ancien secrétaire général du gouvernement de Nouvelle-Calédonie. Ce qu’il advint du sauvage blanc est son premier roman ; il a reçu le Prix Goncourt du premier roman 2012.

L’ouvrage est disponible en version française sur Le Forum ou en ebook. Gallimard n’a malheureusement pas encore vendu les droits pour la traduction Australienne. Pour les curieux, retrouvez le compte rendu datant de 1880 du Bulletin de la société d’anthropologie de paris .

326 pages, 21,50 euros, Gallimard (janvier 2012)

Pour lire un avis plus contrasté après avoir fait mes petites recherches, suivez le lien. Des révélations fracassantes vous attendent !

The tall man / Grand homme de Chloe Hooper

The Tall man: death and life on Palm Island de Chloe Hooper, Penguin Editions 2008
Grand homme: mort et vie à Palm Island, traduit par Antoine Cazé, Editions Christian Bourgois 2009

Grand Homme est le témoignage de Chloé Hooper sur le procés du Sergent Hurley à la suite de la mort en détention de Cameron Doomadgee.

Cameron Doomadgee est un aborigène d’une trentaine d’année lorsqu’un matin de novembre 2004, il se fait arrêter par le sergent Hurley pour trouble de l’ordre public. Quelques heures plus tard Cameron est retrouvé mort dans sa cellule, avec des blessures dignes d’un accidenté de la route. Selon la police, il aurait trébuché sur le pas de la porte de la cellule. La communauté aborigène a une autre version des faits, mais qui a dit qu’on voulait l’entendre… Une semaine plus tard, la maison d’Hurley et le commissariat de police partent en flamme, la mort de Doomadgee n’en restera pas là.

Chloé Hooper arrive sur les lieux quelques jours plus tard. Elle accompagne l’avocat de la famille de Doomadgee et est chargée de relater les évènements passés, présents et futurs. Pendant plus de trois ans, elle enquête, recueille des témoignes, assiste au procès pour donner un compte rendu précis de cette histoire effroyable, mais malheureusement banale.

Un peu de contexte : Cameron Doomadgee vivait sur Great Palm Island, au large de l’état de Queensland : « J’ai entendu des histoires terribles, raconte de façon anodine. Dans les 6 dernières semaines, un homme a été poignarde and a grièvement blesse son frère à cause d’une histoire de bière. Une femme a arraché la lèvre d’une autre femme. Un homme a versé de l’essence sur sa compagne and y a mis le feu. Le taux de chômage est de 90%. Les jeunes hommes sont au moins 3 fois plus enclin à se suicider que les jeunes blancs vivant in Townsville [quelques kilomètres plus loin]. La moitié des hommes de Palm Island mourront avant l’âge de 50 ans ».

L’histoire des aborigènes est encore et toujours liée à la période noire durant laquelle les enfants métisses (half-castes) ont été enlevé à leur famille pour être élevé dans des pensionnats catholiques. C’est ce que l’on appelle « la génération volée ».

« A travers l’Australie, il est estimé qu’entre 1/3 et 1/10 enfants aborigènes ont été enlevé de force de leur famille entre 1910 et 1970. Le gouvernement du Queensland a calculé que durant cette période, 2302 enfants – en particulier les half-castes, ‘quadroons’ et ‘octoroons’ – ont été envoyé dans des missions et camps. Beaucoup ont été séparé de leurs frères et sœurs. On leur disait que leurs parents étaient morts, et on leur donnait un nouveau prénom. Une femme de Palm Island, Bethel Smallwood, m’a dit qu’elle avait été hanté toute sa vie parce qu’elle ne pouvait pas se rappeler de sa propre mère Elle se souvenait de sa silhouette, mais ne pouvait pas se rappeler de son visage. »
Il a fallu attendre 2008 pour que des excuses soient présentées aux aborigènes et à la génération volée par le premier ministre Kevin Rudd.

C’est aussi un livre terrifiant car il raconte une réalité proche de nous, géographiquement et temporellement. Il met devant une réalité très dure à admettre. Qu’au 21e siècle, dans un pays développé des hommes et des femmes puissent vivre dans cette précarité sans espoir s’en sortir est au-delà de ce qu’il est possible d’imaginer. Intoxiqués par l’alcool et l’essence, ayant pour seul défense la violence, et se heurtant au racisme des blancs, ils ne leur aient pas possible d’envisager la vie autrement. Ils sont impuissants devant les policiers, préférant ne pas porter plaintes pour ne pas subir les conséquences.

Après plus de 3 ans de combat et un procès en bon et due forme, le verdict est rendu, Hurley est libre. Encore une longue lutte a mené pour les aborigènes.

Chloe Hooper est écrivain. Elle est l’auteur d’Histoire d’un vrai crime raconté aux enfants (également paru aux éditions Christian Bourgois) / A Child’s Book of True Crime et The engament (paru en Australie en 2012). En 2009, The tall man a reçu de nombreux récompenses dont le Ned Kelly Awards, et le Victorian premier’s literary award.

C’est mon troisième livre participant à l’Australian Women Writers Challenge 2012

La Journée d’alphabétisation des indigènes récompense Anita Heiss

Hier, 5 septembre se tenait la Journée d’alphabétisation des indigènes organisée par l’Indigenous Literacy Foundation. Cette fondation lutte contre les discriminations à l’accès à l’alphabétisation entre les enfants aborigènes et le reste de l’Australie. ‘A l’âge de 15 ans, 1/3 des élèves aborigènes d’Australie n’ont pas les aptitudes et connaissances de lecture nécessaires pour faire face aux défis de la vie et peuvent s’en trouver désavantager bien après l’école.’ (PISA cité dans Bortoli et Cresswell, 2004)

A cette occasion a été remis le Victorian Premier’s Literary Award for Indigenous Writing – Grand Prix Littéraire du Victoria pour l’écriture Indigène. Anita Heiss est l’heureuse gagnante de ce prix ($20,000) pour son livre Am I black enough for you? (Suis-je assez noire pour vous ?) paru chez Random House Australie.

Les autres nominées étaient:

Purple Threads de Jeanine Leane (University of Queensland Press)
The Boundary de Nicole Watson (University of Queensland Press)

 

Am I black enough for you? Anita Heiss

Am I black enough for you ? Anita Heiss - Random hous Australia

Que veut dire être aborigène? Pourquoi l’Australie est-elle obsédée par la notion d’identité? Anita Heiss, auteure à succès et militante passionnée pour l’alphabétisation des aborigènes, est membre de la communauté Wiradjuri de la Nouvelle-Galles du Sud. Elle a été élevé dans la banlieue de Sydney, et éduqué dans une école catholique.  Elle est aborigène, mais cela ne veut pas dire qu’elle aime se promener pieds nus, et ne lui demandez pas d’aller faire du camping dans le désert.

Après des années à stéréotyper les aborigènes d’Australie (habitants de camps ou émeutiers à Redfern), les média australiens leur ont trouvé un nouveau crime, avoir la peau « trop claire » pour être un aborigène d’Australie.  De telles accusations ont mené Anita à prendre position en s’alliant à d’autres pour attaquer en justice un chroniqueur d’un journal pour violation du Racial Discrimination Act ; le journal & chroniqueur ont été reconnu coupable.

 

Les Deadly Awards récompensent les australiens aborigènes

Que de prix littéraires en Australie cet hiver ! Une bonne raison de plus pour rester sous la couette à dévorer ses livres.

Les finalistes pour le prix littéraire des Deadly Awards viennent d’être annoncés. Ce prix récompense les australiens d’origine aborigène pour leur contribution exceptionnelle et leur rôle d’exemple pour la communauté. L’année dernière Anita Heiss avait été récompensé pour la quatrième fois pour son livre Paris Dreaming. Le gagnant sera annoncé le 25 septembre lors d’une soirée exceptionnelle à l’Opéra de Sydney. Vous êtes tous invités à voter en ligne sur le site vibe.com.

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Sont nominés au prix littéraire :

Ali Cobby Eckermann Ruby Moonlight
Dub Leffler Once There Was a Boy
Chaise Eade Second Life
Sue McPherson Grace Beside Me
John Maynard The Aboriginal Soccer Tribe: A History of Aboriginal Involvement with the World Game

Encore de quoi vivre de belles aventures !

They crossed a Continent par Margaret Somerville

They crossed a continent (traduction. Ils ont traversé un continent) est un livre qui raconte le voyage incroyable de 95 enfants et de trois ‘sœurs’ méthodistes à travers l’Australie pendant la seconde guerre mondiale. Je n’ai entendu parlé de ce livre qu’aujourd’hui lors de la projection du film-documentaire Croker Island Exodus (réalisé par Steven McGregor).

1941, Darwin – Après l’entrée en guerre des forces australiennes, les femmes et les enfants sont évacués de la ville. Sur l’île de Croker, une petit mission méthodiste est responsable de 95 enfants de la « génération volée » aborigène. Lorsque les bombardements éclatent, les trois jeunes femmes responsables de la mission ont la possibilité de partir, mais elles ne peuvent pas abandonner les enfants. Après des mois d’isolement, les ressources diminuent dangereusement. Darwin est bombardé, il faut quitter l’île pour rejoindre le continent, sans l’aide de personne.

A travers la savane et les terres arides d’Arnhem, cette petite colonie marche vaillamment des semaines entières pour rejoindre Pine Creek où elle trouve les bases militaires américaines. Leur voyage les mène encore plus loin, car ce n’est que 44 jours plus tard qu’ils arrivent à destination: Sydney, à bord d’un train à bétail.

Grâce aux lettres écrites par Margaret Somerville, l’une des sœurs de la mission, il est aujourd’hui possible de retracer ce voyage inimaginable. Le film Croker Island Exodus est raconté à travers les témoignages de trois de ces enfants. C’est un film très émouvant sur une facette peu connue de l’histoire aborigène.

Le film est programmé au Melbourne International Film Festival le dimanche 19 Août à 11h. A ne pas manquer.

Avoiding Mr Right d’Anita Heiss

Avoiding Mr Right d’Anita Heiss, Batam Books 2008

Pour mon premier billet pour le Australian Women Writers Challenge 2012, je me suis plongée dans  Avoiding Mr Right d’Anita Heiss.

Je vous en direz plus sur le Challenge littéraire Australian Women Writers dans un prochain poste. UPDATE ici

C’est ce qu’on appelle un vrai livre pour fille (ou Chick Lit’ en anglais). Divertissant (lu pendant mes vacances dans le bush australien), piquant, et instructif (si si !).

Le synopsis: Peta Tully a rencontré l’homme idéal. Le seul problème c’est qu’elle n’est pas sûre d’avoir déjà envie de se casser. Donc, lorsqu’on lui offre un contrat d’un an à Melbourne pour un poste qui pourrait lui permettre d’atteindre le boulot de ses rêves, elle met sa vie de Sydneysider de côté, fait ses valises et saute dans un avion. Laissant son petit ami fou amoureux d’elle derrière elle, faisant vœux de célibat… mais  ça va s’avérer plus difficile que prévu.

Ceux qui habitent en Australie connaissent la rivalité légendaire entre Melbourne et Sydney, mais pour tous les autres, voilà le type de clichés que les Sydneysiders ont sur notre belle ville de Melbourne.

« – Et pourquoi Melbourne ? demande Liza
– Je sais, je sais, c’est pas idéal, mais le boulot est à Melbourne, donc c’est là-bas que je vais. Et d’ailleurs ce n’est que pour un an.
– Ne soit pas ridicule Peta, tu détestes Melbourne !
– Haïr Melbourne me semble plus approprié…
– En fait, je ne pense même t’avoir déjà entendu dire quelque chose d’agréable sur Melbourne.
[…]
– La qualité principale [de Melbourne] c’est que le boulot me rendra heureuse professionnellement et personnellement, et j’imaginais que ça vous suffirez, mais comme ce n’est pas assez pour vous mesdames, allons-y.
Melbourne regorge d’endroits super pour faire du shopping – vous avez entendu parlé de Tourak road, Chapel street ou Collins street ? Oui, il me tarde d’aller faire du faire les boutiques, grâce à mon augmentation de salaire. J’espère que je pourrais quand même rentrer dans mes nouveaux vêtements, car je passerai aussi mes nuits à gouter la fabuleuse nourriture de Melbourne vers Lygon Street et Johnston Street et, comme j’ai l’intention de vivre à St Kilda, je mangerai probablement aussi trop de gâteaux sur Acland street. Ensuite, comme je vais travailler dans les arts et la culture, j’irai voir des concerts live dans des lieux prestigieux, au Crown Casino, dans des galeries d’arts, au théâtre et bien entendu dans les nombreux bars à vin. Dans le cadre de mes recherches culturelles, j’assisterai à des compétitions sportives, comme le AFL (Australian Football League), qui est une vraie religion à Melbourne. Regarder de magnifiques hommes aux corps sculptés sera ma dose [de cigarette]. En enfin, même si je ne cherche pas d’homme comme vous le savez, je pense que c’est un plus qu’il y ait plus d’hommes célibataires dans les alentours. Il y a beaucoup trop d’œstrogène à Sydney. Et ça ne vient pas que des femmes ! »

« La faiblesse de ton plan, c’est que tu laisses derrière toi tout ceux qui t’aiment, et je ne veux pas juste dire James, mais nous aussi. Et ce n’est pas tout ce que tu abandonnes. Regarde! » Elle fit un geste vers le balcon, vers l’océan étincelante de Coogee. Ma vie entière de Coolangatta jusqu’à Sydney, j’ai vécu avec un littoral d’une extrême beauté à ma porte.
« Et désolée de le mentionner, Melbourne a le MCG mais Sydney a le plus beau port du monde, et son pont. Nous avons aussi l’Opéra de Sydney tu te souviens ? Qui a abrité le premier Corroboree (les Aborigènes interagissent avec le Temps du rêve à travers la danse, la musique et le costume. Source Wikipedia), la nuit d’ouverture de Bangarra (danse aborigène), et des deadlys (remise d’un prix à un aborigène pour récompenser sa contribution à la communauté aborigène) comme tu aimes tant le faire remarquer.  Sydney a des parcs nationaux fantastiques, l’esplanade du Rocks, le plus beau feu d’artifice de jour de l’an du monde et les plages…
– Il y a des plages à Melbourne aussi.

– Tu ne peux pas y nager, Peta.
– Et tu ne peux certainement pas surfer !
– Et as-tu pensé au climat ?
– Bien entendu, et figurez-vous que Sydney reçoit plus d’eau que Melbourne, donc l’idée qu’il pleut tout le temps a Melbourne est un mythe !
– En fait, ça ne l’est pas. On a peut-être plus de pluie, mais ici, elle tombe une bonne fois pour toute, alors que leurs averses sont moins importantes et durent plus longtemps, c’est pourquoi qu’on a l’impression que c’est toujours gris et humide là-bas. »

Je m’arrête là car tout le livre est dans ce style léger et drôle. Certains passages sont même très intéressant car comme Peta est d’origine aborigène (l’auteur aussi) elle donne son point de vue sur la situation entre « whitefellow » et « blackfellow ».  Très parlant ! Ceux qui habitent à Melbourne reconnaitront plein d’endroits familiers ce qui est aussi très agréable. Ceux qui habitent à Sydney, découvriront à quel point la vie Melbournienne est agréable et riche en rebondissements.

C’est un livre de plage qui m’a donné envie d’en savoir plus sur la question passionnante des aborigènes, pari réussi pour l’auteur !

Anita Heiss tient un blog qui pourrait vous intéresser. Elle vient de sortir Paris Dreaming.
Lu en ebook