Rentrée littéraire 2013, place aux grands auteurs

Me voilà de retour de vacances… et pourtant pas de livres à partager…

J’ai bien lu un polar, mais c’était de l’auteur islandais Arnaldur Indriðason. Bien loin donc de ma très chère Australie. Depuis mon retour, j’ai la tête plongée dans la traduction, je me suis décidée pour mon projet de traduction qui sera le premier livre d’Alice Pung, Unpolished Gem. Encore quelques pages à lire, et je vous fais un petit compte rendu.
En attendant de pouvoir encore vous raconter des histoires, voici ce que la rentrée littéraire 2013 vous propose en matière d’australianité :

J.M Coetzee, Une enfance de Jésus (Seuil). Coetzee est né en Afrique du Sud, mais possède la nationalité australienne.
Alex Miller, Autumn Laing (Phébus)
Christopher Clark, Les somnambules (Flammarion)
David Malouf, Une rançon (Albin Michel)
Peter Carey, La chimie des larmes (Actes Sud)

Bonne lecture !

Australian Women Writers Challenge 2013

http://australianwomenwriters.com

Cette année, je participe de nouveau à l’Australian Women Writers Challenge. Organisé par des bloggeuses et journalistes, ce challenge permet de mettre en lumière les femmes qui sont pourtant plus nombreuses à lire et à écrire mais moins lues et critiqués sur la toile.

J’ai choisi la catégorie « poids moyen » : le Miles. Il faut lire six livres écrits par des femmes et publier quatre critiques. Bien sûr c’est un minimum, et je ne pense pas avoir trop de mal à atteindre ce but.

Pour ajouter un peu de piment à mes lectures, j’ai aussi décidé de lire au moins trois romans écrits par des auteurs aborigènes. Je réalise qu’en 2012 sur les 27 livres que j’ai lu, un seul était écrit par une aborigène, Avoiding Mister Right de Anita Heiss.

J’ai abordé les thèmes de la colonisation grâce à plusieurs romans, Le fleuve secret (Kate Grenville), Ce qu’il advint du sauvage blanc (François Garde), Journey to the Stone Country (Alex Miller), Grand Homme (Chloe Hooper), Je me souviens de Babylone (David Malouf), mais tous sont écrits du point de vue des « colons ».

Pour y remédier, j’ai trouvé une liste de 100 titres sur le blog d’Anita Heiss et plusieurs autres sources sur la page dédiée à la diversité sur le site AWWC.

J’ai déjà prévu de lire Carpentarie d’Alexis Wright et The deadman Dance de Tim Scott.

Melbourne récompense Alex Miller

Le Melbourne Prize for Literature récompense tous les trois ans un auteur du Victoria pour l’ensemble de son œuvre dont la contribution littéraire met à l’honneur la littérature australienne, ainsi que la vie culturelle et intellectuelle. Cette année c’est Alex Miller qui a reçu cette distinction, il est l’auteur de 10 livres dont Lovesong (traduit par aux éditions Phébus), Journey to the stone country, Condition of faith, The ancestor game et son dernier roman bientot traduit en français par les éditions Phébus Autumn Laing.

Le prix du meilleur roman a été décerné à Craig Sherborne pour son roman The Amateur Science of Love (Text Publishing, 2011).

C’est la troisième édition littéraire de ce prix qui alterne chaque année entre sculptures urbaines, musique et littérature.

En 2006 le prix Melbourne revint à Helen Garner (auteur notamment de La chambre d’amie traduit par Bernard Turle paru aux éditions Philippe Rey) et celui du meilleur roman à Christos Tsiolkas pour Dead Europe.

En 2009 Gerald Murnane remporte le Prix Melbourne ; un seul de ces livres est traduit en français : Les plaines, traduit par Brice Matthieussent disponible aux éditions P.O.L. Nam Le (d’origine vietnamienne mais élevé en Australie) a reçu le prix du meilleur roman pour son livre Le bateau (traduit par Fance Camus-Pichon paru aux éditions Albin Michel, 2010).

Journey to the Stone Country d’Alex Miller

Allen & Unwin

Un peu de contexte: Le processus de Réconciliation a officiellement commencé en 1991 à la suite d’un rapport de la Royal Commission sur la mort d’aborigènes en détention. La Réconciliation a pour but de développer l’unité et le respect entre les aborigènes, les habitants de l’île de Torres Strait et les australiens non-indigènes, et obtenir une égalité de justice pour tous. Cela implique une meilleure compréhension de l’histoire qui a influencé les relations entre les indigènes et les colons, et l’importance du respect de chaque culture.

A cette même période, des éléments cachés sur les dépossessions et le génocide des peuples indigènes furent révèles grâce à des enquêtes menées à travers le pays. Houda Joubail, auteure de la thèse National Mythology and Colonial Trauma in Alex Miller’s Journey to the Stone Country explique que « ces révélations bouleversantes plongèrent les descendants de colons australiens dans la honte et la culpabilité, et incitèrent de nombreux auteurs contemporains non-aborigènes à écrire sur ces sujets jusqu’alors tabous ». Alex Miller à priori plein de bonnes intentions pour exposer ce chapitre noir de l’histoire australienne fait, dans ce livre, de la réalité du colonialisme et de la souffrance des aborigènes  « une représentation peu convaincante d’un point de vue postcoloniale. En effet à travers l’utilisation d’une série de stratégies représentationnelles et discursives équivoques, l’auteur tend à diminuer l’impact de la violence coloniale ». N’étant en rien experte sur ce sujet, j’ai hâte de pouvoir lire la thèse complète de Houda pour pouvoir mieux comprendre sa vision des choses.

L’histoire : Annabelle est marié avec Stephen Kuen depuis plus de 15 ans. Ils habitent à Melbourne où elle enseigne à l’université. Un jour en rentrant chez eux, elle trouve une lettre de Stephen lui expliquant qu’il part vivre avec une de ses étudiantes. Dévastée par la nouvelle, Annabelle contacte une ancienne amie restée vivre dans sa région natale du Queensland. Celle-ci lui suggère de prendre l’avion sans attendre et de venir passer quelques jours à Townville pour se remettre ses idées en place.

Pour Annabelle, c’est le début d’une nouvelle vie. Elle rencontre Bo Rennie, un gardien de betails aborigène qui travaillait de temps à autre pour son père. Ensemble, ils partent à Burrandah pour y effectuer une enquête culturelle sur un site de construction d’un barrage. Annabelle commence à se plaire en la compagnie de Bo et ne veut plus le quitter. Bo lui suggère de l’accompagner plus loin encore dans cette région inhospitalière qu’est la Ranna Valey. Après une vingtaine d’années d’absence, ils reviennent sur les lieux de leur enfance et les terres sacrées du peuple Jangga.

Ce livre écrit de façon très minutieuse décrit les longs trajets sur les routes poussiéreuses de du Queensland, la monotonie et l’isolement de la vie dans ces endroits reculés. Le personnage principal de l’histoire n’est ni Bo ni Annabelle, mais Granma Rennie. Tout tourne autour d’elle, tout les attire vers elle et vers son passé tragique. Lorsqu’elle était jeune, elle avait épousé un homme blanc et vécu aussi longtemps que possible à Verbana Creek, là où se dirigent Annabelle et Bo.

Honnêtement, je suis assez partagée sur ce livre. D’un côté, je trouve qu’Alex Miller décrit très bien la région du Queensland, les petites villes fermières et les grands espaces. D’un autre, je n’avais qu’une envie c’était de le finir. J’ai trouvé le récit très lent, comme l’est la vie dans le bush. Les descriptions sont excessives dans leurs longueurs et dans leurs nombres. Mais au fond, n’est-ce pas ce que sont en train de vivre Bo et Annabelle en parcourant la route si douloureuse de leur enfance ? Peut-être n’ai-je pas encore apprivoisé le paysage australien pour pouvoir apprécier pleinement sa beauté…

Après avoir refermé le livre, je réalise que Journey to the Stone Country est sans doute le premier vrai roman australien que je lis. Celui qui me parle vraiment du pays et de ses habitants.

Pour en savoir plus sur le processus de Réconciliation, visitez http://reconciliaction.org.au.

Alex Miller est né en Angleterre et a immigré en Australie à l’âge de 16 ans. Il a écrit de nombreux romans se déroulant dans le Queensland, une des régions les plus reculées du pays. Journey to the Stone Country fut publié en 2002, et a remporté le Prix Miles Franklin. Le seul roman d’Alex Miller disponible pour le moment en français est Lovesong (traduit par Pertat), paru aux Editions Phébus. En 2013, Phébus publiera son dernier roman, Autumn Laing.

Allen & Unwin, 2002
364 pages

Deux australiens à Paris

Deux auteurs australiens en goguette à Shakespeare & Co.

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Chris Womersley et Alex Miller dont leur livre (respectivement Les Affligés et LoveSong) viennent de paraître en France offraient une lecture au public anglophone venu nombreux dans la petite librairie de Saint Michel, Shakespeare & Company.

Retrouver la vidéo: Chris Womersley et Alex Miller à Shakespeare & Co – Paris

 

Merci à Angela Meyer de LiteraryMinded pour le tuyau !
Thanks to Angela Meyer from LiteraryMinded for tip !