Animal People de Charlotte Wood

Animal people de Charlotte Wood, Allen & Unwin 2011
Indisponible en français


Allen & Unwin

« Mais Jill et Nerida aimaient des chiens. Elles le mentionnaient assez vite dans la conversation. Nous aimons les chiens. Et vous ?

Stephen savait qu’il manquait un peu d’humanité en n’étant pas un amoureux des chiens. C’était injuste.  Il n’aimait pas les chats non plus.  Il n’aimait pas les animaux, de la même façon qu’il n’était pas mélomane ou intellectuel. On naît avec ce genre de trucs, comme la couleur des yeux, ou la longueur des jambes. Ne pas être mélomane ou intellectuel passait inaperçu Mais bizarrement ne pas aimer les animaux voulait dire qu’on n’était pas complètement humain. »

Stephen est un des personnages du roman précédent de Charlotte Wood The Children « sans but, malheureux, insatisfait, sans savoir comment rendre sa vie meilleure ». Dans Animal People, l’auteur le passe à la moulinette.

Il habite à Norton, un quartier un peu grunge dans un appartement crado, mal rangé mais qui lui appartient. Il connaît les habitudes de ses voisins mais préfère se tenir à l’écart. Il travaille comme serveur dans un café minable au Zoo, est (ou se sent ) harcelé par sa famille à qui il doit depuis toujours rendre des comptes, et vit une relation obsédante avec Fiona. Il ne se sent plus capable d’assumer tout ca, et aujourd’hui (le roman se passe sur une seule journée) semble être un jour maudit pour lui. Cette journée lui apportera son lot de révélations et de désastres, mais lui montrera aussi que l’amour n’est pas un piège, et que lui seul peut se sortir de sa détresse.

Charlotte Wood nous livre une histoire envoutante où le personnage principal ploie sous le poids des attentes de la société, de sa famille, de sa petite amie. Comment mettre un pied devant l’autre quand on se sent emprisonné ? Quand personne ne prend en compte votre avis ? Vous traite de raté ? Comment se sentir fier quand votre mère vous a toujours fait sentir que vous ne serez jamais qu’un fils médiocre sans ambition ?

Dans Animal People, l’auteur décrit avec simplicité et finesse des sentiments complexes sans tomber dans le pathos. La douleur de Stephen devient la nôtre. Sa difficulté à communiquer et son incompréhension du monde sont on ne peut plus humaines.

Une lecture simple et émouvante, un roman à lire.

Charlotte Wood est une des auteures australiennes les plus en vue de ces dernière années. Elle a écrit Piece of a Girl (1999), The submerged cathedral (2004) et The Children (2007). Chacun de ses romans sont très bien accueillis par la presse et sont nominés à un grand nombre de prix littéraires.  En 2012, Animal People était nominé aux Nita B. Kibble Awards et Miles Franlin Awards. Visitez son site internet: www.charlottewood.com.au

Article paru le 11 octobre sur le site Chroniques littéraires de la rentrée.

C’est quoi au juste l’Australian Women Writers Challenge 2012 ?

Logo réalisé par Book'doutLes écrivaines féminines sont à l’honneur en 2012.

Je vous ai déjà dit que je participais au Australian Women Writers Challenge jusqu’en Décembre 2012. L’idée est de lire et d’écrire des critiques sur des livres écrits par des auteures australiennes. Le but étant de les promouvoir car elles sont trop souvent laissées pour compte dans les prix littéraires nationaux.

On peut lire de tout, au nombre que l’on veut, aussi souvent que l’on veut. Le tout étant de partager et d’élargir ses horizons.

Les challenges ont des noms qui rappellent drôlement notre héroïne préférée, Stella Miles Franklin…

Stella – lire 3 livres et écrire 2 critiques
Miles – lire 6 livres et écrire au moins 3 critiques
Franklin Fantastic – lire 10 livres et écrire au moins 4 critiques
J’ai choisi de faire le Miles.

Depuis que j’ai décidé de faire le Challenge, j’ai déjà lu 2 livres écrits par des femmes, Avoiding Mr Right / Je n’ai pas (encore) rencontré le l’homme idéal de Anita Heiss et When we have wings de Claire Corbett.

Ce challenge peut également être combiné avec d’autres, dont un que je trouve assez intéressant Aussie Author challenge with a Twist du groupe de lecture de Aussie GoodRead. L’auteur ou le titre lu doit correspondre à la première lettre du mois.

Il y a 368 participants à ce jour, et plus de 1000 critiques.

When we have wings de Claire Corbett

Et si nous vivions dans un monde où les riches pouvaient s’offrir le luxe de voler ? Pour son premier roman When we have wings (que l’on peut traduire par Quand nous aurons des ailes), Claire Corbett se prend au jeu.

« Peri s’avanca vers le bord de la falaise. Elle devait lâcher prise. Elle devait être prête à mourir. Une bouffé d’air balaya la falaise. Elle tituba, déplia ses ailes et se mit à courir. En se jetant de la falaise, elle sut que ça avait été au mauvais moment. Elle tombait comme si on lui avait tiré dessus, elle se mit à battre des ailes fort, de plus en plus fort, plus fort qu’elle ne l’avait jamais fait à Flight Gym.»

Je me suis lancée dans la lecture de ce roman parce que j’aime les histoires où les écrivains réalisent nos rêves (mon meilleur exemple étant Harry Potter, un de mes livres fétiches !). Qui n’a jamais rêvé de voler, de traverser les continents sans se soucier des frontières, de voir notre magnifique terre vue du ciel ? Ajouter à cela une histoire d’enlèvement et des histoires de gros sous et vous voilà avec un roman bien ficeler… mais un tout petit peu trop long.

Peri Almond est une jeune fille venue de RaRA land (l’endroit le plus oublié du monde, sans foi ni loi). Après un contrôle de routine et avoir accepté de conditions de travail plus que discutables, elle devient nourrice pour les Chesshyre, une des familles les plus riches de Flyerville. Elle s’occupe du petit Hugo avec l’attention d’une mère, allant même jusqu’à l’allaiter. Grâce à ses bons et loyaux services, elle parvient à décrocher le sésame pour rester à Flyerville et se paye même le luxe de réaliser son rêve le plus fou, des ailes. Mais un jour tout tourne mal, elle découvre son amie Luisa morte sur la plage et se sent en danger. Elle décide de s’enfuir, emportant Hugo avec elle.

Zeke Falwer est détective privé. Il se fait engager par Peter Chesshyre pour retrouver son enfant Hugo, qui a été enlevé par sa nourrice, Peri Almond. En acceptant l’affaire, Zeke ne réalise pas bien où il met les pieds. Il pénètre dans le monde de ceux qui peuvent voler, et s’aperçoit rapidement que tout vient à un prix. C’est alors une vraie chasse à l’homme qui s’engage entre Zeke et Peri.

Claire Corbett a clairement recherché son sujet à fond. Elle nous fournit d’innombrables (trop ?) détails sur les implants d’ailes, sur les traitements que les Flyers doivent suivre à la lettre, mais aussi sur les meilleures techniques pour voler plus longtemps sans se fatiguer, ou encore comment identifier des nuages dangereux et que faire pour les éviter. L’auteur décrit ce monde avec une vraisemblance incroyable.

Mon deuxième livre participant au Australian Women Writers Challenge 2012

Allen & Unwin, Juillet 2011
Lu en ebook, $7,26
http://www.amazon.com