A Pure Clear Light de Madeleine St John

A Pure Clear Light de Madeleine St John, Text Publishing 2010

Mon master de traduction me prend beaucoup de temps, et c’est pourquoi je ne peux plus poster autant d’articles qu’avant…  Je viens tout de même de finir mon deuxième livre de Madeleine St John, A Pure Clear Light qui m’a moins plu que The women in Black. Image

Ce roman de Madeleine St John raconte un épisode de la vie plutôt banale de Flora et Simon Beaufort. Ils sont mariés depuis une quinzaine d’années, ont trois enfants ensemble, et boivent lorsqu’ils se retrouvent le soir pour oublier la routine. Le site de l’éditeur, Text Publishing, décrit leur vie comme « heureuse et confortable »… Les vacances approchent, et Flora et Simon doivent partir ensemble avec les enfants pendant un mois dans le sud de la France. Au dernier moment, Simon annule, et Flora et les enfants partent seuls. Bien entendu, chacun est ainsi laissé plus ou moins libre de faire comme bon lui semble. Alors, tandis que Flora se repose et profite de ses enfants dans le Périgord, Simon va de dîner en dîner (invité par des amis, ‘poor‘ Simon laissé tout seul à Londre) et rencontre Gillian Selkirk.

Simon avait oublié ce que ça faisait, un choc venu de nul part. Il resta debout, sentant ses genoux flancher et idiot, voulant à la fois resté et s’enfuir ; cloué au sol.

Et nous voilà parti dans une histoire extra conjugale. Bien entendu, Simon et Gillian ne se font pas de promesses, ils vivent au jour le jour.
De son coté, Flora est perdue. Elle cherche une réponse à une question qu’elle connaît pas elle-même. Elle se tourne alors vers la religion qu’elle n’avait jamais envisagé avant.

‘Est-ce que tout va bien ?’
Elle réfléchit. Il savait comment s’y prendre ce pasteur. Elle allait lui parler. ‘Plus ou moins’ répondit-elle.
‘Il y a toujours une marge d’erreur, n’est-ce pas ?’ dit-il
‘ C’est juste que… j’ai l’impression… que quelque part… que quelque chose ne va pas ; mais je ne sais pas quoi.’
‘Ah’
‘ Je sens que je dois comprendre ce que c’est’.
‘Oui, je suis sure que vous le devez. Bien entendu, ça pourrait être une illusion. Ce genre de chose arrive.’
‘Ce serait alors ce qui n’irait pas, de ressentir cette illusion. Ce serait encore pire que l’autre solution’.
Il la regarda longuement. ‘La question est comment savoir’ dit-il.
‘En effet’
‘Dieu, qui par définition est omniscient, connaît la vérité. Il vous la livrera peut-être. Croyez-vous en Dieu?’
Flora réfléchit. Elle devait juste choisir le bon mot. ‘D’un certaine façon’ répondit-elle.

A Pure Clear Light, c’est donc un fragment de la vie de ce couple qui s’aime mais s’est perdu avec les années. C’est un roman simple, mais vif et on passe un bon moment en compagnie de l’auteur.

Je suis également en train de lire sa biographie, MADELEINE – A life of Madeleine St John écrit par Helen Trinca qui révèle la personnalité volcanique de Madeleine. Son caractère bien trempé, parfois au bord de la névrose, s’est forgé pendant sa jeunesse, après le suicide de sa mère, lorsqu’elle s’est sentie rejetée par son père. Le monde semblait contre elle…

Dans son livre, Helen Trinca explique que le titre est tiré d’un comptine religieuse pour enfant, écrite par Susan Warner en 1868: Jesus Bids Us Shine.

Le titre cristalise les thèmes religieux du livre et la notion que de s’agripper à la foi d’un individu, même enfantin, pourrait être notre seul espoir dans une monde transitoire et incompréhensible. […] Le roman puise dans la pratique religieuse de Madeleine et dans son besoin de croyance afin de comprendre son monde. Le flirt de Flora avec la religion reflète l’implication de Madeleine avec l’église des All Saints de Nothing Hill et sa croyance en des réponses spirituelles aux problèmes de la vie.
Copyright © Helen Trinca 2013

Ce roman fait parti du  Australian Women Writer Challenge 2013

The Watch Tower d’Elizabeth Harrower

The Watch Tower d’Elizabeth Harrower, Text Publishing 2012 (première publication 1966)

The watch tower - Elizabeth Harrower

The Watch Tower est un roman psychologique qui explore le quotidien de Laura, Clare et Felix Shaw.

L’histoire se situe lors la seconde guerre mondiale. Après la mort de Mr. Vaizey (le père de Laura et Clare), Laura qui était une élève brillante promise à un bel avenir de médecin, doit abandonner ses études et prendre un emploi d’assistante dans l’entreprise de boite de Mr Shaw. Peu de temps après le début de la guerre, leur mère décide de quitter l’Australie et d’abandonner ses filles pour retrouver son frère en Angleterre. Felix Shaw -le patron de Laura- lui propose alors de l’épouser, il pourra ainsi leur assurer un toit et une vie confortable. Poussée par sa mère que la situation arrange bien, et comme elle n’a pas de bonnes raisons de dire non, Laura accepte. Si au début tout est rose, Felix montre bientôt sa vraie nature et devient violent, manipulateur et odieux avec les deux jeunes sœurs. Son homosexualité réprimée développe des élans de haine à leur encontre et devient rapidement misogyne.

La vie de Laura vire au calvaire lorsqu’elle se retrouve de plus en plus isolée du monde extérieur : Felix commence par déménager son bureau à la maison pour économiser sur le loyer, puis elle ne reçoit plus de salaire mais seulement de l’argent de poche pour s’occuper de la maison et enfin, elle s’occupe de toutes les tâches ménagères avec Clare. Les hommes de cette époque savent bien sûr que les femmes sont bien inférieures à eux ! Et Felix sait que sa femme n’est bonne à rien, et qu’elle ne serait employée nul part –il ne se prive pas pour le lui répéter.

L’étau se resserre autour de Laura sans qu’elle ne s’en rende compte, trouvant toujours des excuses pour le comportement ou les mots blessants de Felix. Quant à Felix, c’est un personnage abominable, le regard sadique, le sourire venimeux qui joue sur le jeune âge et l’inexpérience de Laura et Clare. Comme se le répète souvent Laura, elles ont déjà de la chance d’être dans une maison aussi spacieuse et belle… que seraient-elles devenues sans Felix ?

« When I think about of all those poor people in Europe and Asia– » Laura’s voice was warm, her manner matronly. She gave her sister a severe look and went off to play dominoes with Felix. If people did not make the best of things and look on the bright side, it was frightening to think how discontented they might be. Here we were – lovely house, lovely autumn weather, a superlative view, cupboard and refrigerator stacked full of food, safe from bombs, cold and hunger, which was more than many, many poor people could say, so why Clare count not be content, why she had to be so – somehow, remorselessly expectant–

Clare est plus jeune, et est apathique devant cette situation sauf par sursaut quand elle a envie d’hurler. Elle se rend compte qu’il y a bien plus que ça au monde, mais Laura fini toujours par la retenir en la culpabilisant et en lui disant qu’elle serait la cause de la destruction de son couple.

« He wants you to –just– sit in with us at night and listen to him telling the politicians what to do with the world. Don’t I? It’s all I do! I’m like a prisoner ! We both are ! » Tears, anger, sheer incredulity at the madness and stupidity of their lives chocked her. « I know I’ve heard it all before, but it doesn’t hurt much. It isn’t much to ask. » […] « It does hurt. It is much to ask ». Clare cried passionately, watching her sister’s actions automatically. « What about us ? What are we ? I mean-are we both supposed to exist just as a sort of hobby to Felix ? All these years ! Maybe you don’t want a life for yourself. I do. I’m a person too. Not a wooden toy you pick up and put down. I’m a person. Why is my life so much less important than Felix’s? How can you let him talk to you the way he does? Oh Laura. The war’s over. There’s more-there’s everything. »

J’étais bien sur horrifiée par l’attitude de Felix, mais petit à petit la passivité de Laura et son pouvoir sur Clare sont devenus tout aussi irritants. A chaque page, j’avais envie que quelque chose se passe, qu’elles prennent leur vie en main, qu’elles s’éloignent de ce monstre…

Un roman fascinant sur une relation complétement masochiste, très bien orchestré par l’écriture habile d’Elizabeth Harrower.

Ce livre est mon deuxième roman lu pour le Australian Women Writer Challenge 2013.

Australian Women Writers Challenge 2013

http://australianwomenwriters.com

Cette année, je participe de nouveau à l’Australian Women Writers Challenge. Organisé par des bloggeuses et journalistes, ce challenge permet de mettre en lumière les femmes qui sont pourtant plus nombreuses à lire et à écrire mais moins lues et critiqués sur la toile.

J’ai choisi la catégorie « poids moyen » : le Miles. Il faut lire six livres écrits par des femmes et publier quatre critiques. Bien sûr c’est un minimum, et je ne pense pas avoir trop de mal à atteindre ce but.

Pour ajouter un peu de piment à mes lectures, j’ai aussi décidé de lire au moins trois romans écrits par des auteurs aborigènes. Je réalise qu’en 2012 sur les 27 livres que j’ai lu, un seul était écrit par une aborigène, Avoiding Mister Right de Anita Heiss.

J’ai abordé les thèmes de la colonisation grâce à plusieurs romans, Le fleuve secret (Kate Grenville), Ce qu’il advint du sauvage blanc (François Garde), Journey to the Stone Country (Alex Miller), Grand Homme (Chloe Hooper), Je me souviens de Babylone (David Malouf), mais tous sont écrits du point de vue des « colons ».

Pour y remédier, j’ai trouvé une liste de 100 titres sur le blog d’Anita Heiss et plusieurs autres sources sur la page dédiée à la diversité sur le site AWWC.

J’ai déjà prévu de lire Carpentarie d’Alexis Wright et The deadman Dance de Tim Scott.

C’est quoi au juste l’Australian Women Writers Challenge 2012 ?

Logo réalisé par Book'doutLes écrivaines féminines sont à l’honneur en 2012.

Je vous ai déjà dit que je participais au Australian Women Writers Challenge jusqu’en Décembre 2012. L’idée est de lire et d’écrire des critiques sur des livres écrits par des auteures australiennes. Le but étant de les promouvoir car elles sont trop souvent laissées pour compte dans les prix littéraires nationaux.

On peut lire de tout, au nombre que l’on veut, aussi souvent que l’on veut. Le tout étant de partager et d’élargir ses horizons.

Les challenges ont des noms qui rappellent drôlement notre héroïne préférée, Stella Miles Franklin…

Stella – lire 3 livres et écrire 2 critiques
Miles – lire 6 livres et écrire au moins 3 critiques
Franklin Fantastic – lire 10 livres et écrire au moins 4 critiques
J’ai choisi de faire le Miles.

Depuis que j’ai décidé de faire le Challenge, j’ai déjà lu 2 livres écrits par des femmes, Avoiding Mr Right / Je n’ai pas (encore) rencontré le l’homme idéal de Anita Heiss et When we have wings de Claire Corbett.

Ce challenge peut également être combiné avec d’autres, dont un que je trouve assez intéressant Aussie Author challenge with a Twist du groupe de lecture de Aussie GoodRead. L’auteur ou le titre lu doit correspondre à la première lettre du mois.

Il y a 368 participants à ce jour, et plus de 1000 critiques.