Rencontre avec… Text Publishing, Melbourne

Gros plan sur un acteur de la scène littéraire australienne : Text publishing

C’est au 22 de William Street, en plein cœur de Melbourne, que les bureaux de Text Publishing sont implantés. Créé en 1990 par Diana Gribble, Text publishing est désormais entre les mains expertes de Michael  Heyward, l’actuel directeur éditorial. Depuis les années 90, cette petite maison d’édition australienne d’une vingtaine d’employés publie des œuvres de fiction, des essais et de la littérature pour adolescents de qualités. 

Avec environ 80 nouveautés qui paraissent chaque année, Text Publishing met en lumière la littérature australienne grâce à la publication d’ouvrages d’auteurs prestigieux et reconnus comme Kate Grenville ou Toni Jordan mais aussi en cherchant de nouveaux talents. La maison reçoit des manuscrits par le biais d’agents littéraires australiens et internationaux, mais également un très grand nombre de manuscrits non-sollicités « des centaines et des centaines de manuscrits. Souvent le vendredi après-midi on organise des sessions de lectures pour éviter les délais de réponse trop longs » confie Penny Hueston, éditrice déléguée « et parce que parfois vous tombez sur une perle rare ». Ce fut le cas de Shane Maloney avec sa série policière humoristique mettant en scène Murray Whelan aujourd’hui traduit internationalement. 

Ils participent également activement à la promotion des auteurs australiens incontournables avec leur collection Text Classics.Cette collection est née naturellement afin de continuer ce travail de mise en valeur de la production locale. « A l’original, l’Australie était une destination uniquement pour la vente et la distribution des livres. Si vous étiez un auteur dans les années 50 en Australie, vous deviez envoyer votre manuscrit en Angleterre pour vous faire publier et il serait ensuite mis dans une bateau pour être vendu en Australie » explique Penny. Fort de ce constat, Michael Heyward et Text Publishing décident de republier les textes oubliés de Henry Richardson, Miles Franklin, Elizabeth Harrower, Sumner Locke Elliott, Barbara Bayton… Et en 2013, c’est au tour des auteurs pour la jeunesse d’être mis à l’honneur. Retrouvez la liste complète .

Malheureusement aujourd’hui l’isolement continue. Bien qu’étant l’un des pays du monde où le nombre d’achat de livres par habitant est le plus élevé, les éditeurs australiens sont souvent oubliés par les éditeurs français. Une maison comme Text publishing doit presque systématiquement démarcher les maisons d’édition en France pour pouvoir recevoir les nouveautés.  Il y a bien des titres exportés dans l’hexagone, mais en général ces traductions ne représentent qu’un petit pourcentage des catalogues. Dernièrement, les Editions Belfond ont traduit La gifle et Jesus Man de Christos Tolskias, les éditions Héloïse d’Ormesson publient les livres de Toni Jordan et travaillent actuellement sur la traduction du livre d’Anne Funder All that I am, récompensé cette année par de nombreux prix littéraires. On notera également que parmi les 220 romans étrangers parus lors de la rentrée littéraire de cette année, il n’y a que 2 romans australiens : Le temps n’efface rien de Stephen Orr (Presse de la cité, traduit par Karine Reignier) et Cinq carillons de Gail Jones (Mercure de France, traduit par Josette Chicheportiche). Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir…

Merci infiniment à Penny Hueston de m’avoir accordé cet entretien.

Article précédement paru dans le Petit journal de Melbourne le 16 octobre 2012.

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Ecriture, multiculturalisme et cosmopolitisme au Festival des Écrivains des Antipodes

Ce weekend se tenait au Wheeler Centre le Festival des Écrivains des Antipodes. Ce festival veut promouvoir et questionner la littérature des écrivains d’origine grecque en Australie.

J’ai assisté vendredi soir à la soirée d’inauguration, avec comme invités d’honneur Christos Tsiolkas (auteur du bestseller international, La Gifle) et Nikos Papastergiadis (professeur d’études culturelles a l’Université de Melbourne).

Toute l’attention a été donnée à Christos Tsiolkas qui a pu donner son point de vue sur la faillite de la Grèce en Europe, mais également sur son sentiment d’appartenance, étant lui-même un immigré grecque de la troisième génération.

Il aurait été très intéressant d’avoir l’avis de Nikos Papastergiadis qui aurait pu m’éclairer sur ce qu’est « l’écriture australienne », s’il en existe une.

Malgré tout, les réflexions de C. Tsiolkas furent intéressantes et m’ont permises de voir un peu plus clair dans son récit La Gifle, mais je ressors avec plus de questions que de réponses sur ce qu’est l’écriture australienne. Je n’avais pas jusqu’à maintenant pris en compte le fait que l’Australie moderne s’est formée grâce à des influences du monde entier.

Je trouve cela très intéressant de penser que la littérature australienne est multiculturelle et prend ces racines en 1788 avec les premiers colons anglais, mais appartient désormais également aux aborigènes et aux immigrants du 19e siècle et leurs enfants.

C’est sans doute un sujet sans fin que de vouloir définir l’écriture australienne (au même titre que l’écriture « féminine »), mais j’espère quand même trouver quelques réponses au cours de mes lectures.

En savoir plus : http://www.antipodesfestival.com.au
Du 15 au 17 Juin 2012, The Wheeler Centre