La gifle de Christos Tsiolkas en DVD

The Slap - DVD

Dans un de mes premiers posts sur ce blog, je vous avais parlé de La gifle, le best-seller de Christos Tsiokas. C’était le premier livre que j’avais acheté et lu en arrivant en Australie, et le choc avait été un peu brutal. L’autre jour, je suis tombée sur le DVD de la série qui a été adapté de ce livre. La série suit exactement la structure du livre, chaque épisode explore la vie d’une des personnes présentes au barbecue lors du fameux incident. Huit chapitres, huit personnages, huit épisodes de 50 minutes.

La série m’a passionné ! Tout ce qui m’avait déplu dans le livre est présent dans la série, mais il est plus facile de rester passif devant un film que de s’imaginer les scènes dans sa tête. Chaque personnage est très fouillé, on découvre non seulement leur position sur l’incident, mais également leur passé, leurs fantômes. La gifle « dépeint une Australie défigurée par le racisme, le sexisme et un égoïsme accablant » (BBC interview – 7 avril 2011).

Les acteurs jouent leur rôle à la perfection, le personnage de Harry est particulièrement antipathique, et j’ai beaucoup aimé le personnage de Richie, fragile et héroïque à la fois.

Bien plus que de fissurer les apparences, il s’agit de traquer le moindre complexe pour mieux préparer le retour du refoulé. Brusquement, au hasard d’un paragraphe à la précision chirurgicale ou d’une phrase tirée à quatre épingles, l’auteur libère cette violence archétypale qui ne demandait qu’à surgir. C’est que l’écriture, comme la gifle, fonctionne par pulsions.
Le Magazine littéraire – mars 2011

Si vous n’avez pas la force de lire les 570 pages du roman, vous ne serez pas déçu par cette adaptation. N’hésitez pas à aller visionner le trailer de la série pour avoir un avant-goût.

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Entretien avec les éditions Belfond – La littérature australienne à la conquête du monde

Les éditions Belfond ont récemment publié Jesus Man de Christos Tsiolkas ou encore Les lois de la famille de Benjamin Law mais leur intérêt pour la littérature australienne n’est pas né d’hier. Caroline Ast, directrice éditoriale adjointe de Belfond répond à mes questions.

Les éditions Belfond publient régulièrement des romans écrits par des auteurs australiens, pourriez-vous nous en dire un peu plus…
Il y a une longue tradition d’auteurs australiens au catalogue Belfond, de Frank Moorhouse à Venero Armano, en passant par Nikki Gemmel. Ces dernières années, cette tradition a été ravivée avec la publication des livres de Steve Toltz, Richard Flanagan, Christos Tsiolkas et Benjamin Law. L’intérêt pour la littérature australienne a connu un retour de flamme à la lecture de La Gifle. Belfond a en effet été un des premiers éditeurs étrangers à acquérir les droits de ce roman qui est ensuite devenu un phénomène mondial. Suite à cette acquisition, j’ai eu la chance et le privilège d’être conviée par l’Australian Council à rencontrer les éditeurs et agents australiens en 2010. J’ai ramené de cette enrichissante visite nombre de contacts et un jeune auteur prometteur : Benjamin Law.


L’année dernière vous publiiez le roman La gifle de Christos Tsiolkas (sorti en Novembre 2008 en Australie), et cette année c’est au tour de son roman Jesus Man écrit en 1999. Comment se fait-il que cet auteur célébré en Australie n’ait pas été publié plus tôt par les éditeurs français ?
Les agents et éditeurs australiens étaient assez méconnus. La situation est en train de changer et le succès de La Gifle y a largement contribué. Ils étaient jusqu’ici beaucoup représentés par des agences anglaises ou françaises, nous n’avions que peu de contacts directs avec eux. De plus, en raison de la distance, ils se déplacent peu aux Foires les plus importantes, Londres ou Francfort. Jusqu’à La Gifle, Tsiolkas était un auteur reconnu et célébré dans son pays, mais ses quatre précédents livres dont Jesus Man, plus difficiles d’accès, n’avaient jamais dépassé les frontières. Il a fallu attendre La Gifle, au sujet plus vaste et plus accessible à un public mondial et de plus auréolé de tous les prix possibles en Australie pour qu’il accède à une reconnaissance mondiale.

Selon vous, en quoi la littérature australienne est-elle différente de la littérature anglo-saxonne (UK, US?
La littérature australienne se démarque actuellement par sa vitalité. Pour faire un raccourci saisissant, elle représente en quelque sorte ce que la littérature américaine a été dans les années 50 : ample, vaste, n’ayant pas peur de s’attaquer à des sujets difficiles ou peu abordés. Elle s’appuie aussi sur une histoire tout à fait particulière, récente, empreinte de violence, voire de sauvagerie. A l’image du pays, elle est contrastée, passant sans difficulté des grands espaces aux paysages urbains, du ranger au trader, du surfer à l’aborigène.


Que recherchez-vous quand vous achetez les droits d’un roman australien ? Pensez-vous que les lecteurs aient des clichés en tête lorsqu’ils choisissent ces livres ?
Il y a certainement un cliché dès qu’on parle de l’Australie, un cliché nourri de grandes plages, de vie saine au grand air, d’espaces immenses et encore sauvages, d’animaux exotiques. Ce que nous recherchons dans un roman australien, c’est tout ce qui va nous permettre d’aller au-delà de ces clichés, de toucher de plus près une vérité autre. Pour revenir à La Gifle, l’intérêt réside dans le fait que le livre est résolument ancré dans une Australie contemporaine dont on découvre peu à peu les contradictions. Pourtant, de par son sujet, de par la profondeur de sa réflexion, ce livre a trouvé une résonnance mondiale.


Quels auteurs recommandez-vous pour découvrir la littérature australienne?
Toute la folie, la fantaisie, le désespoir australien est résumé dans Une partie du tout de Steve Toltz. Avec Tsiolkas, on découvre une Australie contemporaine et plus brutale que celle que nous décrivent les guides touristiques. Pour découvrir la Tasmanie mais aussi une partie de l’histoire australienne, il faut se plonger dans les romans de Richard Flanagan, notamment le superbe Dispersés par le vent. Enfin, je triche car l’auteur n’est pas australien, mais on a rarement lu plus drôle et plus addictif que Piège nuptial de Douglas Kennedy sur une virée dans le bush.

Merci infiniment à Caroline Ast et aux Editions Belfond pour leur collaboration.

Ecriture, multiculturalisme et cosmopolitisme au Festival des Écrivains des Antipodes

Ce weekend se tenait au Wheeler Centre le Festival des Écrivains des Antipodes. Ce festival veut promouvoir et questionner la littérature des écrivains d’origine grecque en Australie.

J’ai assisté vendredi soir à la soirée d’inauguration, avec comme invités d’honneur Christos Tsiolkas (auteur du bestseller international, La Gifle) et Nikos Papastergiadis (professeur d’études culturelles a l’Université de Melbourne).

Toute l’attention a été donnée à Christos Tsiolkas qui a pu donner son point de vue sur la faillite de la Grèce en Europe, mais également sur son sentiment d’appartenance, étant lui-même un immigré grecque de la troisième génération.

Il aurait été très intéressant d’avoir l’avis de Nikos Papastergiadis qui aurait pu m’éclairer sur ce qu’est « l’écriture australienne », s’il en existe une.

Malgré tout, les réflexions de C. Tsiolkas furent intéressantes et m’ont permises de voir un peu plus clair dans son récit La Gifle, mais je ressors avec plus de questions que de réponses sur ce qu’est l’écriture australienne. Je n’avais pas jusqu’à maintenant pris en compte le fait que l’Australie moderne s’est formée grâce à des influences du monde entier.

Je trouve cela très intéressant de penser que la littérature australienne est multiculturelle et prend ces racines en 1788 avec les premiers colons anglais, mais appartient désormais également aux aborigènes et aux immigrants du 19e siècle et leurs enfants.

C’est sans doute un sujet sans fin que de vouloir définir l’écriture australienne (au même titre que l’écriture « féminine »), mais j’espère quand même trouver quelques réponses au cours de mes lectures.

En savoir plus : http://www.antipodesfestival.com.au
Du 15 au 17 Juin 2012, The Wheeler Centre

The Slap / La Gifle de Christos Tsiolkas

The Slap de Christos Tsiolkas, Allen & Unwin 2008
La Gifle traduit par Jean-Luc Piningre, Editions Belfond 2011

Premier roman australien lu à mon arrivée dans le pays. Conseillé par la libraire de Paperback.
Le choc. C’est ça l’Australie ?  Un récit cru sur une société australienne puritaine.

« Lors d’un barbecue, un homme gifle un enfant qui s’est mal conduit (et qui n’est pas le sien). Ce geste est interprété différemment par chaque personne présente. »

Je dois avouer ne pas être aller très loin dans ce roman de plus de 500 pages. Il ne s’agit que de tromperie et de perversité. Un reflet de la réalité ?

Récompensé par le Commonwealth Writer Prize en 2009, il a le mérite de ne pas faire l’autruche et de parler de sujets de société délicats

« Christos Tsiolkas passe pour l’enfant terrible de la littérature australienne. Ses thèmes récurrents lui valent une réputation sulfureuses, homosexualité, racisme, antisémitisme, perversité, et pornographie. » Jean-Francois Vernay Panorama du roman australien