Le Top 11 du Koala

Mon départ d’Australie approchant, je pense qu’il est temps de faire un petit récapitulatif sur ces cinq dernières années de lecture. Voici donc mes onze romans préférés (je n’ai pas réussi à les départager pour n’en garder que dix…), classés par ordre alphabétique :


Peter Carey
La véritable histoire du Gang Kelly
On ne peut pas prétendre connaître l’Australie sans savoir qui est Ned Kelly. Carey vous raconte son histoire dans un style inimitable.

Eleonor Catton
La répétition
Auteure néo-zélandaise récompensée par le Man Booker Prize (Les luminaires) qui joue avec les frontières parfois floues entre la fiction et la réalité.

Kenneth Cook
Cinq matins de trop
Un cauchemar éveillé au cœur de l’Australie.

Kate Grenville
Le fleuve secret
Découvrez la colonisation de l’Australie à travers l’histoire de la famille Thornhill, installée sur les rives du fleuve Hawkesbury, en Nouvelle-Galles-du-Sud.

Hannah Kent
À la grâce des hommes
Un récit qui nous emmène loin de l’Australie, mené par une jeune auteure talentueuse.

Doris Pilkinson
Le chemin de la liberté
L’histoire vraie de trois sœurs appartenant à la Génération volée qui ont été enlevées de leur famille par le gouvernement australien.

Christos Tsiokas
La gifle
Brutal et cru, ce roman contemporain dépeint la banlieue bien pensante des grandes villes d’Australie.

Chris Womersley
Les affligés & La compagnie des artistes
Je ne vais pas mentir, j’ai aimé tous les romans de Womersley. Il crée des univers très différents, mais tombe toujours juste.

Pour ceux qui veulent pratiquer leur anglais, découvrez ces romans qui n’ont pas été traduits en français :

Favell Parret
Past the shallow
Les coins les plus reculés et la rudesse de la vie en Australie mis à l’honneur dans ce roman déchirant

Madeleine St John
The women in black
Ce roman nous plonge dans le quotidien de quatre femmes des années 50 qui travaillent dans un grand magasin de Sydney.

Melina Marchetta
Looking for Ali Brandi
Les tribulations drolatiques d’une adolescence appartenant à la deuxième génération d’immigrés en Australie.

Et ce n’est pas parce que je quitte l’Australie que je vais arrêter de lire des romans australiens. D’ailleurs j’en ai encore une longue liste !

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Une enfance australienne / Of a boy de Sonya Hartnett

Of a boy de Sonya Hartnett, Viking 2002
Une enfance australienne traduit par Bertrand Ferrier, Le serpent à plumes 2010

 

 

Résumé : En 1977, Adrian a neuf ans. Il vit avec sa grand-mère et son oncle Rory ; son meilleur ami s’appelle Clinton Hill. Il aime dessiner et il veut un chien ; il a peur des sables mouvants et de la combustion spontanée. Adrian observe le monde qui l’entoure, mais il n’y comprend pas grand-chose. Il ne comprend pas, par exemple, pourquoi trois enfants du quartier, en chemin pour acheter des glaces, pourraient disparaître.

Connue pour ses romans pour enfants et pour jeunes adultes, Sonya Hartnett signe avec Une enfance australienne un roman pour adulte très réussi qui lui a valu les félicitations du public et de la profession. Cette auteure prolifique, qui a publié son premier roman à l’âge de 15 ans, est mondialement reconnue pour son « admirable art de la narration ». Sonya publie presque un roman par an, son livre le plus récent, Golden Boy, est sorti en 2014 et a été (tout comme Une enfance australienne) nominé pour le prestigieux Prix Miles Franklin. Un grand nombre de ses romans sont traduits en français : Finnigan et moiLes enfants du roiL’enfant du fantôme ou encore, L’enfant du jeudi.

Je dois avouer que je ne sais toujours pas dans quelle catégorie classer Une enfance australienne. Il appartient apparemment aux romans pour adulte, mais le thème et le style me font plutôt penser à un roman pour jeune adulte.

Bref, là n’est pas le sujet.

Je trouve que ce roman capture parfaitement les peurs (parfois irrationnelles) des enfants. Adrian vit avec sa grand-mère parce que sa mère est atteinte d’une maladie mentale et que son père voulait être libre, une vie avec enfant n’était pas faite pour lui. On imagine donc assez bien d’où vient la peur maladive d’Adrian d’être abandonné. Sa grand-mère n’est pas tendre avec lui et n’a plus la patience de s’occuper de cet enfant docile qui, en somme, ne prend pas trop de place. Son unique ami, Clinton, finit par lui préférer un autre élève de l’école plus rebelle. Et comme Adrian le réalise, « l’école est un long calvaire pour un enfant seul. » Finalement, seule Nicole, sa nouvelle voisine, elle aussi très solitaire, lui permet d’avoir un peu de compagnie. Mais même avec elle, les relations sont difficiles, il se laisse dominer par sa peur de la perdre et n’arrive pas à affirmer sa véritable nature.

Adrian a peur des sables mouvants. Un jour, il pourrait marcher dans la rue et se retrouver gobé par le trottoir. Il a entendu parler de ces phénomènes à la télé. Il a lu des descriptions dans les numéros du National Geographic que collectionnait son grand-père. Ces revues sont une mine d’informations sur les merveilles et les menaces dont personne ne parle. C’est étonnant, d’ailleurs : dans la rue, on ne voit jamais de panneaux avertissant les passants qu’ils approchent de ces portions traîtresses qui peuvent les engloutir. Adrian a donc peur de les découvrir trop tard parce qu’il n’aura pas su les reconnaître. […] Mais le garçon a d’autres peurs, plus intimes, et non moins terribles — ces peurs lui transpercent le cœur à la manière d’une aiguille s’enfonçant dans la peau.

C’est un roman émouvant de vérité qui nous ramène immanquablement à nos années d’école et à la période de l’adolescence, où nous nous sentions tous plus ou moins bien dans notre peau. Adrian se sent extrêmement vulnérable et il n’a pas la force de se construire une carapace pour survivre dans ce monde impitoyable. On voudrait vraiment qu’il trouve quelqu’un pour l’aimer et pour l’aider à grandir dans un environnement où il ne se sentirait pas menacé en permanence.

Construit comme un polar, ce roman se focalise en fait sur les drames quotidiens de nos vies, sur notre besoin de sécurité — que ce soit dans le quartier où nous habitons ou dans le confort de notre maison — et sur notre peur de l’exclusion. Le réalisme du style de Sonya Hartnett et de son traducteur Bertrand Ferrier rend Une enfance australienne (enfance qui ici est australienne, mais qui en vérité est universelle) à la fois poignant et douloureux à lire. Adrian est en fait n’importe quel enfant confronté à ses peurs.

Excellent roman à mettre entre toutes les mains !

 

Le jardin suspendu / The hanging garden de Patrick White

The hanging garden de Patrick White, Random House Australia 2012
Le jardin suspendu traduit par Françoise Pertat, Gallimard 2014

 

Il s’agit du premier roman de Patrick White que je lis. Je dois avouer que j’appréhendais un peu ma première rencontre avec cet auteur réputé pour être, selon Jean-François Vernay :

Un esthète élitiste et perfectionniste, un homme entier, voire un écorché vif qui avait un don reconnu pour l’écriture caustique et la formule assassine.

 

Je pensais trouver un style hermétique, des histoires alambiquées et des descriptions à n’en plus finir. Bien au contraire, et grâce à la qualité de la traduction de Françoise Pertat, j’ai été saisie par le style à la fois élégant et épuré de ce roman, Le jardin suspendu.

Patrick White commença l’écriture de ce roman en 1981, mais l’interrompit au profit d’une pièce de théâtre. Le grand roman en trois parties qu’il voulait écrire ne vit jamais le jour. Seule la première partie, Le jardin suspendu, aura été esquissée et a été publiée en 2012 à titre posthume. Patrick White est un colosse de la littérature australienne, bien qu’il ne soit pas apprécié à sa juste valeur littéraire dans son propre pays. Le Sydney Morning Herald explique « qu’au cours des six derniers mois de sa vie, Patrice White n’a gagné que 7000 $ en droit d’auteur et qu’en 2007, seulement 2728 exemplaires de ses 13 romans ont été vendus. » Il est considéré par certains critiques comme un écrivain qui choisit délibérément de déverser « une diarrhée verbale prétentieuse et inculte ». Un peu dur pour l’écrivain (le seul) australien qui reçut le Prix Nobel de littérature en 1973 « pour un art de la narration héroïque et psychologique qui a fait entrer un nouveau continent dans le monde de la littérature ». Les raisons de cette antipathie s’expliquent peut-être par ses opinions tranchées sur ses compatriotes et sur son pays natal. White a déclaré que l’Australie a démontré qu’il est possible de recycler ses propres excréments.

Résumé de l’éditeur : Alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage en Europe, deux enfants sont envoyés en Australie, à l’abri des combats qui ont coûté la vie à plusieurs de leurs proches. Gilbert, jeune garçon réchappé du Blitz londonien, et Eirene, fille d’un résistant communiste grec, sont recueillis par une veuve qui habite une vaste demeure de la baie de Sidney. D’abord sur leurs gardes, les deux adolescents se rapprochent peu à peu et tentent d’affronter ensemble ce monde qui leur est étranger, trouvant refuge dans le parc à l’abandon autour de la propriété. Les recoins de ce luxuriant jardin deviennent le théâtre de leurs jeux et de leurs rêveries les plus intimes tandis que s’annonce l’inévitable séparation.

Le roman alterne avec brio entre la première, la deuxième et la troisième personne pour raconter le passage délicat de l’enfance à l’adolescence d’Eirene et de Gil. Ces deux reffos (réfugiés) racontent tour à tour leurs pensées, leur antipathie pour l’autre, mais aussi l’affection grandissante qu’ils ressentent l’un pour l’autre. J’ai ressenti une sorte d’euphorie à lire ce roman au style, on le remarque, brut et peu travaillé. Bien que la plupart des critiques admettent que ce roman ne soit pas son meilleur livre — après tout, White ne l’avait ni terminé, ni vraiment relu, et avait interdit sa publication — la poésie, la fluidité du style et la vraisemblance des sentiments exprimés par l’auteur et par sa traductrice (!) m’ont vraiment donné envie de lire d’autres de ses romans.

Tous les livres de Patrick White, dont son chef-d’œuvre Voss, ont été traduits et publiés en français dans la collection Du monde entier de Gallimard.

 

Un vie entre deux océans/The Light Between Oceans de M.L Stedman

The Light Between Oceans de M.L Stedman, Penguin 2012
Un vie entre deux océans
traduit par Anne Wickle, Stock 2013 ; Le Livre de poche 2014


Résumé de l’éditeur : Libéré de l’horreur des tranchées où il a combattu, Tom Sherbourne, de retour en Australie devient gardien de phare sur l’île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée. À l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant. Jusqu’à ce jour d’avril où un dinghy vient s’abîmer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d’un homme et un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom d’ignorer le règlement, de ne pas signaler « l’incident » et de garder avec eux l’enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices…

Je ne sais pas vous, mais moi, les phares m’ont toujours fasciné. J’imagine les conditions violentes dans lesquelles vivaient les gardiens de phare et leur famille. Ces tours élevées sont les seuls remparts contre le mauvais temps, les seuls points de repère dans la nuit noire et agitée. Alors si ces phares se trouvent en Australie, c’est la cerise sur le gâteau ! Il faut s’imaginer que l’Australie-Occidentale (lieu où se déroule le roman), c’est loin de tout. Perth, la capitale de l’état, qui compte aujourd’hui un peu plus de 2 millions d’habitants est la ville la plus isolée au monde. Adélaïde (en Australie-Méridionale) est la ville de plus d’un million d’habitants la plus proche et se trouve quand même à plus de 2000 km. Bref, quand on est gardien de phare dans ce coin-là (dans les années 20 !), il vaut mieux avoir un tempérament de marin et de bons bouquins.

Je suis tombée un peu par hasard sur ce livre à l’alliance française de Melbourne, donc une fois n’est pas coutume, j’ai lu un roman australien en français. J’ai tout de suite accroché et je me suis demandée quelle pouvait être cette décision qui avait bouleversé la vie de Isabel et de Tom Sherbourne, là-bas isolés sur leur île. Est-ce vraiment la décision de garder un enfant sans avertir de potentiels parents vivants sur le continent… où est-ce plus profond que cela ? Chaque décision que nous prenons a des conséquences imprévisibles, comment choisit-on d’assumer ses choix ? Ce livre est particulièrement bien construit, car il ne juge aucun des personnages. En fonction de l’angle sous lequel on étudie la situation, chacun a ses torts et ses raisons.

Il serait intéressant de pouvoir confronter nos points de vue, ressent-on de l’empathie pour Isabel, pour Hannah, pour Tom ou pour Lucy… qui est la victime, qui est le coupable ?

Autant de questions que soulève ce roman qui a reçu le Prix des lecteurs 2015 (Le Livre de proche) et sort au cinéma le 5 octobre prochain.

The husband’s secret / Le secret du mari de Liane Moriaty

The husband’s secret de Liane Moriary, Pan Macmillan 2014
Le secret du mari traduit par Béatrice Taupeau, Albin Michel 2015

 

L’express décrit ce roman comme un Desperate Housewives à l’australienne. Car, on sait que derrière les pelouses les mieux tondues et les sourires les plus éclatants se cachent parfois les actes et les âmes les plus noires. Et, en effet, ce roman présente des similitudes avec un des meilleurs épisodes de la fameuse série américaine.

Cet « épisode » se déroule dans une banlieue chic de Melbourne où l’on fait la connaissance de trois femmes : Cecilia (dans le personnage de Bree Van de Kamp), Tess (qui reprend superbement le rôle de Susan Meyer) et Rachel (on imagine assez la voisine Karen McCluskey). Rachel et Cecilia vivent dans cette même banlieue et se connaissent par l’école catholique de St. Angela, où Rachel travaille et où vont les trois filles de Cecilia. Tess, quant à elle, vit à Sydney, mais elle a grandi dans ce même quartier, a fréquenté cette même école et se retrouve rapidement de retour à Melbourne.

L’histoire s’ouvre dans la cuisine de Cecilia -archétype de la femme au foyer dont l’emploi du temps est réglé comme du papier à musique- après qu’elle ait trouvé une lettre de son mari, qu’elle n’était pas censée découvrir avant sa mort. Dès lors, un dilemme se pose, ouvrir ou non la lettre. La tentation est trop forte bien sûr, surtout quand Cecilia commence à suspecter son mari, John-Paul, de lui mentir. Le monde parfaitement organisé de Cecilia, qui n’aspire qu’à mener une vie normale, « Moi, je suis une mère de famille dans une banlieue tranquille » dit-elle, va être mis à l’épreuve. Cette histoire est le fil rouge du roman, auquel viennent se greffer le désespoir de Rachel qui vit éternellement dans le passé, et l’égarement de Tess face à une situation qui lui échappe complètement.

Ce roman a été une jolie petite découverte. Je m’attendais à un livre amusant et léger, et en cela, il a parfaitement répondu à mes attentes. Mais j’ai aussi été touchée par la détresse des personnages et par la vraisemblance des situations. Je me suis complètement laissé prendre au jeu, comme plus de trois millions de lecteurs dans le monde.

Liane Moriarty compte plusieurs best-sellers à son actif, elle a rencontré un joli succès avec son roman suivant Big little lies qui sera sans doute traduit en français dans les prochains mois. Big little lies est d’ailleurs en train d’être adapté pour la télévision avec Reese Witherspoon et Nicole Kidman.

 

Cours gratuit en ligne : la littérature australienne

Et dire que j’ai failli passer à côté de ça ! Un grand merci à Morgane du blog 20 ans passés et aux réseaux sociaux !

Le cours gratuit en question : Littérature australienne, un guide rapide, est proposé par Coursera dans le cadre des MOOC – Massive Online Open Course. Il est organisé par l’Université du Western Australia et sera animé par Phillip Mead et Claire Jones (en anglais, sous-titré en anglais). Le programme s’étend sur 6 semaines à peine, ce sera donc assez intensif ! Début des festivités le 2 mars.

Semaine 1 : littérature et pays
Semaine 2 : crime et punition
Semaine 3 : explorateurs, frontière et colonisation
Semaine 4 : ici et ailleurs
Les deux dernières semaines sont destinées à la révision et à l’évaluation.

Pour les curieux, voilà la liste de livres qu’ils recommandent. J’en possède plusieurs sans les avoir lus, ce sera peut-être l’occasion !

Winton, Tim. Land’s Edge: A Coastal Memoir
Lawrence, D.H. Kangaroo
Strehlow, T.G.H. Songs of Central Australia
Dixon and Duwell. Little Eva at Moonlight Creek
Field, Barron. The Kangaroo
Tench, Watkin. 1788
Harpur, Charles. A Midsummer Noon in the Australian Forest, The Kangaroo Hunt
McNamara, Frank. A Convict’s Tour to Hell, Exile’s Lament
Clarke, Marcus. For the Term of his Natural Life
Flanagan, Richard. Gould’s Book of Fish
Leakey, Caroline. The Broad Arrow
Carey, Peter. The True History of the Kelly Gang
Temple, Peter. The Broken Shore
Idriess, Ion. Lassiter’s Last Ride
White, Patrick. Voss
Malouf, David. Remembering Babylon
Scott, Kim. That Deadman Dance
Hope, A.D. Australia
Richardson, Henry Handel. The Fortunes of Richard Mahony
Boyd, Martin. The Cardboard Crown
Stead, Christina. For Love Alone
Wright, Judith. South of My Days, For New England, For a Pastoral Family, For New England , Half a Life

Retrouvez plus d’info sur le site : https://www.coursera.org/course/auslitroughguide, et n’hésitez pas, c’est gratuit !!

Burial rites/À la grâce des hommes de Hannah Kent

 

Burial rites de Hannah Kent, Picador 2013
À la grâce des hommes traduit par Karine Reignier, Presses de la cité 2014

Je voulais lire ce livre depuis sa sortie, mais je me disais que ce ne serait pas très intéressant d’en parler puisque la traduction française n’allait pas sortir avant un bon moment. Mais l’autre jour, je surfais sur internet et par hasard, je vois que le livre de Hannah Kent vient de paraître aux Presses de la cité, plus rien ne me retenait. Hannah Kent est australienne et situe son histoire en Islande, pays où j’ai passé des vacances l’année dernière et qui me fascine. Ni une ni deux, j’ai donc sauté sur l’occasion.

À la grâce des hommes est le premier roman de Hannah Kent et il a été récompensé par le prix littéraire australien du manuscrit non publié en 2011. Depuis sa sortie, il a raflé pas moins de cinq prix littéraires et a également été nominé pour de nombreux prix littéraires en Australien et en Angleterre. Bref, un premier roman qui plaît à travers le monde. J’en veux pour preuve la publication en français relativement rapide suite à sa publication en anglais. De plus, un film est déjà prévu pour 2016, avec Jennifer Lawrence dans le rôle titre.

L’histoire : Agnes Magnúsdóttir, servante dans l’Islande austère et violente du XIXe siècle, est condamnée à mort pour l’assassinat de son amant et placée dans une ferme reculée en attendant son exécution. Horrifiés à l’idée d’héberger une meurtrière, le fermier, sa femme et leurs deux filles évitent tout contact avec Agnes, qui leur inspire autant de peur que de dégoût. Seul Tóti, le révérend chargé de préparer la jeune femme à sa fin prochaine, tente de la comprendre. Au fil des mois, Agnes raconte sa vérité, aussi terrible soit-elle à accepter. Mais la justice des hommes est en marche, et pourquoi Agnes réapprendrait-elle à vivre si c’est pour mourir ? Inspiré d’une histoire vraie, À la grâce des hommes est un roman sur la vérité, celle que nous pensons connaître et celle à laquelle nous voulons croire.

J’ai dévoré ce roman ! J’ai été littéralement envoûtée par cette histoire et par l’atmosphère qui s’en dégageait. Je me revoyais marcher sur ses terres sauvages, façonnées par le vent la pluie et le froid. Hannah Kent dépeint avec succès cette histoire vraie, rendant Agnes et le paysage à la fois effrayants et attachants. Jetez-vous dessus !

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