Les Forrest/The Forrest d’Emily Perkins

The Forrest d’Emily Perkins, Bloomsbury Circus 2012
Les Forrest traduit par Isabelle Chapman, Jean-Claude Lattès 2015

Résumé de l’éditeur : Il y a Lee, la mère, et Frank, le père. Dorothy et ses sœurs, Eve et Ruth, et leur frère Michael. Et Daniel, le fils quasi adoptif, au passé tumultueux. Dans cette famille, excentrique et sans le sou, chacun essaye de se construire en dépit des failles des autres. Pour Dorothy, le salut, ce sera Daniel. Un amour secret, initié dans l’enfance à l’abri des hautes herbes de la communauté hippie qui les accueillera un temps. Mais quelques années plus tard, Dorothy s’est mariée avec un autre et c’est désormais Eve qui partage le lit de Daniel.

Originaire de Nouvelle-Zélande, Emily Perkins offre le portrait d’une famille qui pourrait se trouver à Auckland, à Paris ou à Santiago. C’est cette quotidienneté qui fait de ce roman une œuvre passionnante et envoutante. Emily Perkins capture superbement la nature humaine et nous fait vivre plus de soixante années aux côtés de Dorothy, ménagère moyenne. Elle transforme les détails de sa vie quotidienne en épisodes tragiques, dans lesquels Dorothy semble se noyer. Qui ne s’est jamais un jour dit que ce sont les autres qui changent et non soit, « L’âge adulte était comme cela, votre voix calme, votre visage ordinaire, alors qu’intérieurement, vous étiez bouleversés, votre cœur n’avait que sept ans ou douze ans ou quinze ans. »

En 2013, Les Forrest a été sélectionné pour le prix littéraire britannique Women’s prize for fiction 2013

Emily Perkins est aussi l’auteur de La nouvelle amie, traduit par Anouk Neuhoff.

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Des nouvelles du pacifique, Catton et McCullough

Ces dernières semaines, on parle de deux auteurs qui viennent de ce côté du monde, mais pour des raisons bien distinctes.

Tout d’abord, la romancière australienne (née en Nouvelle-Zélande) Colleen McCullough est morte à l’âge de 77 ans le 29 janvier dernier. Elle est l’auteur de The Thorn Birds (1977), traduit en français par Les oiseaux se cachent pour mourir, qui a reçu un succès international à sa sortie (vendu à plus de 30 millions d’exemplaires). Il s’agit d’une saga qui relate l’histoire de la famille Cleary sur six générations. Je viens de le commencer, et ce pavé de 700 pages risque de me tenir occupé pendant quelque temps, ne soyez donc pas trop pressé de lire mon post. Ce livre a également été mis en image en 1983, voir la bande-annonce ici.

Le deuxième événement qui agite le monde de l’édition française est la parution de la traduction du roman The LuminariesLes luminaires d’Eleanor Catton (Buchel Chastel, traduit par Erika Abrams, 2015). Cette jeune prodige néo-zélandais de 30 ans vient d’être récompensée par le prestigieux prix Man Book en 2013, le plus important prix des pays du Commonwealth et d’Irlande. J’avais lu son livre précédent, Le répétition, que j’avais adoré !

Voilà le résumé des Luminaires rédigé par la maison d’édition :

Nouvelle-Zélande, 1866. En pleine ruée vers l’or, l’île voit débarquer sur ses côtes tout ce que la vieille Europe compte d’ambitieux et de désespérés. Parmi eux, Walter Moody, un jeune britannique ruiné bien décidé à trouver fortune accoste au port d’Hokitika, sur la côte Ouest, après un éprouvant voyage. Mais une étrange assemblée l’attend dans le petit hôtel où il a trouvé refuge. Là, dans une atmosphère des plus tendues, douze hommes du cru tiennent une réunion secrète pour tenter d’élucider des faits étranges qui agitent la communauté depuis plusieurs semaines. Un riche notable a disparu, une prostituée a tenté de mettre fin à ses jours, et on a découvert une immense fortune dans la maison d’un pauvre ivrogne, mort lui aussi. Moody succombe bientôt à l’irrésistible attrait du mystère et se retrouve plongé dans un entrelacs d’intrigues et de destins vertigineux.

Entretien avec les éditions Au vent des Iles

Petit tour d’horizon de la maison d’édition Au vent des Iles, Tahiti

Au vent des Iles LOGO La maison d’édition Au vent des Iles fut fondée en 1988, mais a réellement lancé son activité éditoriale en 1991 avec la parution d’un ouvrage, puis quatre livres publiés en 1992. Au fil des ans, la maison a grandi pour comptabiliser environ 150 titres, aujourd’hui, elle publie une dizaine d’ouvrages par an dont 20% est écrit par des auteurs anglophones. Au vent des Iles publie de la littérature venue de tout le Pacifique, Polynésie, Samoa, Australie, Nouvelle-Calédonie… Les auteurs du Pacifique « partagent tous la même histoire, les mêmes blessures. Ce sont également toutes des civilisations de l’oral qui ont découvert l’écriture avec l’arrivée des missionnaires » explique Christian Robert, le fondateur et gérant de la maison d’édition. Le catalogue est varié, des essais politiques en passant par les romans noirs et des livres pratiques sur la cuisine de Tahiti et l’art des tatouages, cette maison d’édition promeut la culture du Pacifique, avec malheureusement quelques difficultés pour se faire une place sur la scène internationale.  On imagine en effet assez facilement les difficultés que peut rencontrer une si petite structure basée à plusieurs milliers de kilomètres de l’Europe, cependant, Christian Robert explique qu’il n’a « pas de difficulté particulière en termes logistiques, mais un intérêt quasi inexistant des lecteurs de l’hexagone pour ces littératures peu connues. Le temps viendra sans doute, le livre est aussi sujet à des modes ! Nos titres sont disponibles, mais ne restent guère en librairie, chassés par les nouveautés. Ils sont par contre toujours accessibles sur les sites de vente internet ». Les auteurs à lire, les ouvrages à se procurer…

Nouvelle-Zélande : Witi IIhimaera Bulibasha Bilibasha roi des gitans, La femme de Parihaka, & Patricia Grace Mutuwhenua, Le bataillon Maori ; Tahiti : Chantal Spitz L’île des rêves écrasés ; Australie : Terri Janke La chanson du papillon ; Nouvelle-Calédonie : Nicolas Kurtovitch Les heures italiques ; Samoa : Albert Wendt Le baiser de la mangue.   Merci à Christian Robert d’avoir répondu à mes questions, www.auventdesiles.pf