Truth / Vérité de Peter Temple

Truth de Peter Temple, Text publishing 2009
Vérité traduit par Simon Baril, Editions Payot et Rivages2012

Je remercie Jérome Toledano chroniqueur du blog Le spécialiste du polar d’avoir accepté de republier son billet sur le livre de Peter Temple, Vérité  sur Le Koala lit. Un bon polar pour bien commencer ces beaux mois d’été.


Vérité a reçu le Miles Franklin Award, la plus importante distinction littéraire australienne. Pour la 1ère fois, cet équivalent de notre prix Goncourt est remis à un roman noir.

Vu l’ampleur de la fresque brossée ici par Temple qui capte superbement le désarroi de nos sociétés en crise, ce livre pourrait s’appeler « la vérité sur notre époque ».
Alors que Melbourne vit un été caniculaire, que des incendies se sont déclarés et que le feu est aux portes de la ville, le commissaire Stephen Villani est appelé sur une scène de crime dans les beaux quartiers ; une jeune femme a été retrouvée sans vie dans un appartement de grand luxe. La morte le trouble profondément, lui faisant penser à sa fille Lizzie, adolescente en rébellion qui a fugué en compagnie d’un dealer. Villani se sent coupable de l’avoir négligée.
Aux antipodes de ce crime, son équipe se rend dans une banlieue sordide après la découverte macabre dans un hangar de trois cadavres d’hommes atrocement torturés. Deux enquêtes qui s’entrecroisent et se mêlent au souvenir d’autres affaires.

Melbourne devient ici un patchwork d’extrêmes : soirées chics pour privilégiés, planques sinistres de la pègre, bureaux de la police, collines où progresse le feu. Villani passe d’un monde à l’autre avec la tentation de vouloir tout maîtriser, mais se rend compte que les enjeux le dépassent. Une écriture typiquement hard-boiled, précise, laconique et même souvent elliptique qui donne son rythme particulier à ce roman tendu à l’extrême. La brutalité du réel, une profonde réflexion sur le mal, l’échec et la corruption. Mais c’est aussi un roman dans lequel le protagoniste se demande avec angoisse qui est sa vraie famille : son père, ancien mercenaire au Vietnam, son épouse absente, sa fille fugueuse, ou bien ses collègues, voire les criminels qu’il côtoie ?

Retrouvez la chronique originale ici

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Miles Franklin Literary Awards 2012

Les français ont le Goncourt, les australiens le Miles Franklin Literary Award. Le 20 juin prochain, les cinq jurés de ce prestigieux prix littéraire australien annonceront l’heureux gagnant.


Un peu de contexte :
créé en 1957 grâce à la volonté et l’aide financière de (Stella Maria Sarah) Miles Franklin (1879-1954), ce prix est décerné tous les ans à un ouvrage à haute teneur littéraire qui représente des aspects de la vie australienne.

Depuis plusieurs décennies, ce thème ambigu de l’australianité (australianess en anglais) donne lieu à de nombreuses polémiques. C’est pourquoi, cette année il a été annoncé qu’il appartenait désormais au jury d’interpréter cette expression ; ouvrant ainsi les frontières géographiques pour y inclure l’état d’esprit, la langue, l’histoire et les valeurs australienne.

Le premier à avoir reçu cette distinction fut Patrick White (Prix Nobel de Littérature en 1973) pour son livre Voss. En 2012, le prix a été dépoussiéré grâce au choix du jury pour le roman policier de Peter Temple, Truth / Vérité (Editions Payot et Rivages, 2012). Le monde entier s’est alors intéressé à ce prix littéraire qui récompense aussi le sous-genre policier.

Le lauréat recevra la somme de $50,000 (€40,000).

Cette année les finalistes sont :

 All that I am, Anna Funder (favori)
Publié en Australie par Hamish Hamilton (Penguin), août 2011

Past the shadow, Favel Parrett
Publié en Australie par Hachette Australia, mai 2011

Cold light, Frank Moorhouse
Publié en Australie par Vintage Australia (Random House Asutralia), novembre 2011

 Blood, Tony Birch
Publié en Australie par University of Queensland (Penguin), septembre 2011

 Foal’s bread, Gillian Mears
Publié en Australie par Allen & Unwin, novembre 2011