L’homme chauve-souris de Jo Nesbø

Flaggermusmannen de Jo Nesbø, H. Aschehoug & Co 1997
L’homme chauve-souris traduit par Elisabeth Tangen et Alex Fouillet, Gaïa Polar 2003

Petite entorse, je lis L’homme chauve-souris, un polar norvégien écrit par Jo Nesbø. Mais c’est pour la bonne cause, parce que ce roman policier se passe à Sydney et qu’il nous fait découvrir les bas-fonds de l’Australie. On arpente les quartiers de Sydney (Glebe, Paddington, King’s Cross, Woolloomooloo) aux côtés de Harry Hole, personnage récurrent de Jo Nesbø, à la rencontre de junkies, de prostitués et de petites frappes en tout genre.

Résumé de l’éditeur : Une jeune Norvégienne est retrouvée assassinée à Sydney, en Australie. Harry Hole, de la police d’Oslo, est envoyé sur place pour participer à l’enquête menée par ses collègues australiens. Tandis que Harry fait connaissance avec une autre culture, les meurtres se multiplient. Les soupçons portent bientôt sur le monde interlope de Sydney, sa vie nocturne, mais amène aussi Harry à se pencher sur les légendes aborigènes et l’histoire de l’Australie. Et par la même occasion de faire le point, sur ses obsessions, ses erreurs professionnelles, ses mauvais penchants, et son rapport aux femmes.

L’enquête est entrecoupée d’anecdotes personnelles et historiques racontées par les différents personnages. On en apprend donc plus sur l’Australie et sur le sentiment de malaise et les conflits intérieurs (qu’ils soient psychologiques ou géographies) entre les whities et les aborigènes. Les problèmes de drogue et d’alcool auxquels est confrontée la société australienne sont également abordés. J’aime assez ces digressions, qui offrent un éclairage sur ce pays assez mal connu, même si elles se limitent à des sujets maintes fois abordés (pour ceux qui s’intéressent un peu à l’Australie). Le rythme de ce polar est assez lent, et ce n’est en général pas ce que je recherche quand je lis un roman policier, mais il n’est reste pas moins bien écrit et divertissant.

 

The dead heart / Piège nuptial de Douglas Kennedy

The dead heart de Douglas Kennedy, 1994
Piège nuptial traduit par Bernard Cohen, Belfond 2008

Quand on part en vacances, rien de tel qu’un bon polar ! Plusieurs personnes m’avaient conseillé de lire Piège nuptial parce que ça se passe en Australie et que c’était un roman plutôt bien ficelé. Pour commencer les vacances en Nouvelle-Zélande, je me suis donc plongée dans ce roman noir de Douglas Kennedy.

Petit résumé de l’éditeur :
Fasciné par une carte d’Australie, Nick, un journaliste américain, décide de tout plaquer pour atterrir à Darwin. Une nuit fatale, un accident avec un kangourou et sa rencontre avec la jeune et robuste Angie vont le mener au cœur du bush, au milieu de nulle part, au sein d’un clan d’allumés coupé du monde. Pris au piège, Nick va devoir user de tous les moyens possibles pour échapper à ceux qui l’ont adopté à son corps très défendant.

Le problème avec les polars c’est qu’on ne peut finalement pas les résumer sans donner des informations importantes. Je n’en dirai donc pas plus. Par contre, je me demande bien pourquoi les éditions Belfond ont choisi de le retraduire (publié en 1998 par Gallimard)… quand on pense que certains romans bien meilleurs que celui-ci ne seront jamais traduits… je dois avouer que je ne comprends pas ce choix.

J’ai trouvé ce roman très divertissant et assez représentatif des sensations que l’on ressent dans l’outback de l’Australie, notamment les heures de route sans apercevoir une seule voiture et la difficulté pour les communautés de vivre dans des lieux reculés. C’est un bon roman, drôle et effrayant.

Il existe aussi une adaptation au cinéma qui s’appelle Bienvenue à Woop Woop.

Miss Fisher enquête de Kerry Greewood

Away with the fairies (2011) & The Castlemaine Murder (2003) de Kerry Greenwood, Allen & Unwin

Les enquêtes de Phryne Fisher sont très populaires en Australie et l’été dernier, les Français ont pu découvrir cette charmante détective sur leur écran.

Phryne Fisher est jeune, jolie, indépendante et curieuse. Elle vit dans le Melbourne des années 20, dans une maison située aux alentours de St Kilda où elle se fait servir par M. and MM. Butler (comme leur nom l’indique, Butler signifie majordome en anglais), majordome et cuisinière de madame. Mr Butler prépare de délicieux cocktails et à en croire ses hôtes, la cuisine de Mrs Butler est divine. Bref, Phryne mène une vie luxueuse et se divertit des crimes et des mystères dans lesquels elle se trouve invariablement mêlée.

Créé en 1989, le succès de la série ne s’est pas fait attendre. Depuis Cocaïne et tralala, 19 nouveaux romans ont vu le jour. J’ai lu Away with the fairies et The Castlemaine murder dont les intrigues sont intéressantes et l’écriture de Kerry Greenwood agréable à lire. Je ne crois pas que ces deux titres aient été traduits en français, en revanche d’autres l’ont été, notamment Cocaïne et tralala, Trafic de haut vol, Un train pour Balarat, Phryne et les anarchistes, Crime au moulin vert. L’esprit de ces enquêtes est léger et fait découvrir des petits coins de Melbourne.

Le temps était parfait pour pénétrer par la bouche souriante de Mister Moon à l’entrée du parc d’attractions Luna Park. Phryne aimait les carnavals, les cirques et les fêtes foraines, et une fois chaussée de ses souliers de marche et entourée de sa famille, elle les emmena au parc avec sorte de plaisir non dissimulé. Ruth et Jane, ses filles adoptives, portaient toutes les deux leur nouvelle robe en coton : pour Ruth une robe fuchsia qui allait avec sa peau hâlée, et pour Jane dont la carnation était plus pâle, une robe bleu foncé avec des rubans assortis et un chapeau de paille. […]
– La grotte souterraine ! cria Jane.
– Le petit train ! cria Ruth.
– Les deux, répondit Phryne. Je vais faire le petit train avec toi ma Ruth chérie et Lin, Dot et Jane s’amuseront dans la grotte souterraine. Lequel préfères-tu Eliza ?
– Ils ont tous les deux l’air désagréables, dit Eliza d’une voix traînante, l’un est humide et l’autre est venteux, tu ne le sais donc pas.

The mystery of the hansom cab de Fergus Hume

The mystery of the hansom cab de Fergus Hume - Text Classics

J’ai découvert ce livre grâce à la collection Text Classics de Text Publishing. C’est d’ailleurs le livre que j’ai acheté lors du lancement. Je n’avais pas encore crée mon blog. Je vous dis cela, parce que mon achat n’était pas vraiment axé sur la découverte de l’Australie, mais plutôt sur le divertissement (bien que mes lectures allient en général les deux !)

Je suis une grande fan d’Agatha Christie, et en particulier de son petit détective belge Hercule Poirot. J’apprécie aussi les aventures de Sherlock Holmes de Conan Doyle, je pensais donc que ce livre serait une parfaite introduction à la littérature australienne tout en ayant un thème familier.

L’histoire est assez simple, un homme est retrouvé assassiné dans un fiacre. Assez rapidement, le détective met la main sur le coupable et le fait arrêter. La suite du livre permet à démontrer que l’assassin presumé n’est en fait pas coupable.

C’est un livre grand public, écrit dans un style simple, compréhensible par tous (même ceux qui tâtonnent en anglais). L’histoire est bien menée, on s’attend un peu aux retournements de situation, mais dans l’ensemble on referme le livre satisfait.

Aujourd’hui, les raisons pour lesquelles j’achète un livre ont un peu changé, et je dois avouer que je recherche plus des romans qui me font voir l’Australie plutôt qu’une simple histoire de meurtre qui pourrait se passer à Paris, à Londres ou à Melbourne. Cela peut semble un peu dur, mais je dois insister sur le fait que ce livre m’a plu. C’est un très bon livre de genre que je recommande chaudement si vous êtes passionnés par les romans policiers à l’ancienne. Par contre pour la carte postale sur l’Australie, il faudra repasser.
ABC vient de diffuser le téléfilm. Pour voir le trailer, cliquez

Publié pour la première fois en 1886.
Disponible depuis Mai 2012 aux éditions Text Publishing(410 pages, $12,95)

Truth / Vérité de Peter Temple

Truth de Peter Temple, Text publishing 2009
Vérité traduit par Simon Baril, Editions Payot et Rivages2012

Je remercie Jérome Toledano chroniqueur du blog Le spécialiste du polar d’avoir accepté de republier son billet sur le livre de Peter Temple, Vérité  sur Le Koala lit. Un bon polar pour bien commencer ces beaux mois d’été.


Vérité a reçu le Miles Franklin Award, la plus importante distinction littéraire australienne. Pour la 1ère fois, cet équivalent de notre prix Goncourt est remis à un roman noir.

Vu l’ampleur de la fresque brossée ici par Temple qui capte superbement le désarroi de nos sociétés en crise, ce livre pourrait s’appeler « la vérité sur notre époque ».
Alors que Melbourne vit un été caniculaire, que des incendies se sont déclarés et que le feu est aux portes de la ville, le commissaire Stephen Villani est appelé sur une scène de crime dans les beaux quartiers ; une jeune femme a été retrouvée sans vie dans un appartement de grand luxe. La morte le trouble profondément, lui faisant penser à sa fille Lizzie, adolescente en rébellion qui a fugué en compagnie d’un dealer. Villani se sent coupable de l’avoir négligée.
Aux antipodes de ce crime, son équipe se rend dans une banlieue sordide après la découverte macabre dans un hangar de trois cadavres d’hommes atrocement torturés. Deux enquêtes qui s’entrecroisent et se mêlent au souvenir d’autres affaires.

Melbourne devient ici un patchwork d’extrêmes : soirées chics pour privilégiés, planques sinistres de la pègre, bureaux de la police, collines où progresse le feu. Villani passe d’un monde à l’autre avec la tentation de vouloir tout maîtriser, mais se rend compte que les enjeux le dépassent. Une écriture typiquement hard-boiled, précise, laconique et même souvent elliptique qui donne son rythme particulier à ce roman tendu à l’extrême. La brutalité du réel, une profonde réflexion sur le mal, l’échec et la corruption. Mais c’est aussi un roman dans lequel le protagoniste se demande avec angoisse qui est sa vraie famille : son père, ancien mercenaire au Vietnam, son épouse absente, sa fille fugueuse, ou bien ses collègues, voire les criminels qu’il côtoie ?

Retrouvez la chronique originale ici